Qui mieux que Georges Brassens pour évoquer la grève à la SNCF, puisqu'il a chanté, comme nous le rappelle Frédéric, la fameuse "Gare au Gorille" ?

C'est avec un mauvais présage
Que de fébriles voyageurs
Contemplaient des panneaux d'affichage
Les priant d'aller voir ailleurs
Les pour, les contre, comme c'est l'usage
S'exprimaient en termes fleuris
Que ma mère courtoise et sage
M'a défendu d'nommer ici

La gare est vide !

Le patron des chemins de fer
Criait éperdu « Nom de nom !
Cette grève est mortifère »
Montrons-lui au contraire que non
Ventrebleu, c'est une aubaine
Une opportunité très rare
Pendant 3 mois, 2 jours par semaine :
Plus un seul train en retard !

La gare est vide !

Là où c'est plus problématique
C'est que la grève remet en cause
Bigrement la signalétique
Pondue par des crânes d'oeuf, je suppose
Que deviennent en effet les OuiGo
Les inOui et autres blagounettes ?
La vérité c'est plutôt les NonGo
Ou à la rigueur les peut-être

La gare est vide !

L'usager foutrement mécontent
Jusqu'à se montrer furibard
Devrait être reconnaissant
D'échapper de fait au wagon-bar
Le bougre ayant déjà dû goûter
Au sandwich en triangle infâme
A toutes les raisons d'espérer
Une grève ad vitam aeternam

La gare est vide !

Quant au cheminot bouc émissaire
Faut-il rappeler derechef
Que le cheminot de naguère
Est dev'nu agent sncf ?
De même que le sbire à casquette
Jadis bien nommé contrôleur
S'est transformé, saperlipopette,
En chef de bord, voire manager

Mais la gare est vide !

La suite serait délectable
Malheureusement je ne peux
Conserver cet accent impayable
Que d'aucuns jugeront affreux
Pour conclure cette chanson ferroviaire
À quiconque me donnerait tort
Pardonnez-moi de rouler les r
C'est la seule chose qui roule encore

La gare est vide !

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