Pour une fois, ce ne sont pas des bonbons que je vous ai apporté, mais des fleurs.

Bouquet de mimosa
Bouquet de mimosa © Getty / Francesco Carta fotografo

Pour ceux qui confondent encore le 8 mars et la Saint Valentin, aujourd’hui n’est pas le jour où l’on offre des roses, mais celui où l’on se bouge pour la lutte contre les féminicides, l’égalité salariale, le congé paternité rallongé, entre mille chantiers à lancer pour réaliser ENFIN le rêve d’Olympe de Gouges, à savoir tout simplement l’égalité entre hommes et femmes. Mais, puisqu’Olympe de Gouges n’est toujours pas au Panthéon, je me suis offert des fleurs pour me consoler. Des fleurs, mais pas n’importe lesquelles. 

Le féminisme, ça pourrait être un bouquet de ces trois-là en effet, mais il y en a une qui rassemble tout ça, c’est le mimosa. C’est la fleur qui a été choisie en Italie en 1946 pour symboliser la lutte pour la parité des genres. Si même les fleurs sont féministes, il n’y a donc aucune raison de ne pas l’être, qu’on soit homme ou femme. Et si le mimosa a été choisi, c’est parce que c’était une fleur abondante et pas chère, parfaitement de saison. Néanmoins cette année, j’ai eu du mal à dénicher de l’acacia dealbata car il a fait chaud, donc sa saison est presque finie. Normalement quand les asperges pointent, ça fait longtemps qu’on a plus de mimosa, et là elles sont sorties depuis 10 jours. Changement climatique oblige, on risque de devoir changer de fleurs pour le 8 mars. Peut-être passer aux jonquilles, symboles de renaissance et de renouveau ? 

Contrairement à ce que l’on croit souvent, le mimosa et la Riviera, c’est une histoire récente et qui implique le monde entier. Bormes-les-Mimosa, c’était plutôt « Bormes to be wild »… avant que le mimosa venu d’Australie n’y soit acclimaté. Car le mimosa a été ramené de Tasmanie par le Capitaine Cook. Enfin, les mimosas devrai-je dire, puisqu’il y en a plus de 1200 variétés ! Et en France, c’est bien à une femme que l’on doit l’arrivée du mimosa. Une passionnée d’horticulture méconnue, originaire non pas de la Réunion, mais de la Martinique…

Joséphine de Beauharnais ! Ce sont en effet les serres de la Malmaison qui accueillirent les premiers pieds vivants au début du XIXème siècle. Qui furent envoyés au Jardin Botanique de Nice, avant de coloniser la région. C’est d’abord son utilisation en parfumerie qui a fait son succès dans la région, suivi par sa période de floraison hivernale : il fut longtemps la seule fleur de l’hiver… et on en envoyait des trains entiers en Angleterre !

Il y a les pétales de rose ou de violettes cristallisés… mais les boules de mimosa au sucre étaient, dans le temps, à base de vrai mimosa ! Désormais c’est du 100% pur sucre hélas. Si vous avez la chance d’avoir un mimosa dans votre jardin, donc non traité, vous pouvez aussi réaliser un sirop avec. Après, le mimosa, c’est aussi le nom d’un cocktail, mélange de champagne et de jus d’orange… évidemment, le nom vient de sa couleur ! J’aurai pu aussi faire des œufs mimosa, mais c’était un peu trop simple.  Alors j’ai regardé du côté de l’Australie. Là-bas, le « Golden Wattle  » (le nom australien du mimosa) a donné son nom au « Golden Wattle Cookery Book », un livre de cuisine très populaire publié en 1924 par Margaret Wylie, professeur d’économie domestique comme on disait à l’époque. Dedans, j’ai trouvé ce gâteau Mimosa, au jus d’orange, tout simple, avec son glaçage bien anglo-saxon au sucre glace. 

Gâteau mimosa australien

Très jaune parce qu’il ne contient que des jaunes d’œuf puisqu’avec les blancs on fait de la pavlova ! Attention tous les mimosas ne sont pas comestibles.

  • 4 gros jaunes d’œufs
  • 150 g de beurre mou
  • 120 g de sucre
  • Le zeste râpé d’une orange
  • 8 cl de jus d’orange fraîchement pressé
  • 12,5 cl de lait
  • 200 g de farine
  • 2 c. à café de poudre à lever
  • Glaçage
  • 125 g de sucre glace
  • 40 g de beurre mou
  • Jus d’orange (jusqu’à consistance souhaitée, jusqu’à ½ orange pressée)

Préchauffez le four à 180°C (th.6). Beurrez un moule de 20 cm de diamètre ou revêtez de caissettes 12 moules à muffin.

Fouettez le beurre avec le sucre. Ajoutez les jaunes d’œuf. Incorporez la farine mélangée avec le bicarbonate de sodium en alternance avec le lait et le jus d’orange. Ajoutez le zeste d’orange finement râpé.

Faites cuire 35 mn, jusqu’à ce que la pointe d’un couteau ressorte sèche du gâteau. Pour des muffins, 15 à 18 mn de cuisson suffisent.

Démoulez et laissez refroidir sur une grille.

Mélangez tous les ingrédients du glaçage, répartissez sur le gâteau et lissez. Laissez durcir

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