Aujourd'hui, Elvira Masson nous fait découvrir deux ouvrages : "La cantine de Minuit" de Yaro Abe et "Loin de Sils Maria" de Michèle Kahn.

La cantine de minuit de Yâro Abe, dont le tome 3 vient de paraître, traduit du japonais par Miyako Slocombe. Paru le 5 avril 2018  ed. Le Lézard Noir.

« Mon restaurant est ouvert de minuit à sept heures du matin environ. On le surnomme "la cantine de minuit", mais pour certains c'est plutôt "la cantine de l'aube". »

Dans cette petite gargote situé au fond d'une ruelle du quartier de Shinjuku, les clients se croisent, les histoires se dévoilent.
La carte ne propose que du tonjiru, soupe de miso au porc, ainsi que du saké, mais selon vos envies, on vous préparera à la demande tout ce qu'on est en mesure de vous servir.

Loin de Sils Maria, une histoire vraie, raconte la prodigieuse ascension de Johann Josty, petit gardien de chèvres qui finira par créer à Berlin, autour du célèbre café Josty, le premier empire de la pâtisserie. 

Nous sommes à la fin du XVIIIe siècle, dans la République des Grisons, pays aux cent lacs et trois cents glaciers, pays somptueux mais où règne une extrême pauvreté. Gian Josty, un gamin de onze ans, y travaille pour un fermier de Sils Maria. Un beau jour, craignant la dureté de son patron, il s'enfuit. Pieds nus, il court, il file, il grimpe, il dévale. Il affronte l'inconnu, la faim, le froid, la soif. Enfin, après avoir parcouru des centaines de kilomètres et s'être ingénié à traverser en fraude quantité de frontières, le jeune fuyard atteint Magdebourg, dans le royaume de Prusse.  Là, auprès de son cousin Jacob, confiseur en vogue qui l'incite à s'appeler désormais Johann, il apprend l'art de filer le sucre, de fouetter la crème, de dorer la pâte. Dragées, sucres d'orge, pastilles, pralines, massepains, meringues, macarons n'ont bientôt plus de secret pour l'apprenti passionné. Ni dimanches ni loisirs pendant cinq ans. Il dort à peine, épargne chaque sou. Puis devient compagnon. Décide enfin d'aller s'établir à Berlin, la capitale de la Prusse, où il ouvre la confiserie  Johann Josty & Co, qui fournira bientôt la Cour en gourmandises suprêmes. Tel Napoléon, l'idole de Johann, qui s'est lancé à la conquête de l'Europe, le confiseur avance à grands pas et fonde vers 1820 un véritable empire autour du café J.Josty & Co, alors le plus célèbre d'Europe. 

Mais c'est en 1806, à l'occasion d'un incroyable face-à-face avec Napoléon entré à Berlin, que Johann a rencontré Lina. Avec ses grands yeux turquoise, elle lui fait oublier Ladina, l'amour de sa jeunesse. Du moins le croit-il. De retour à Sils Maria, revigoré par ses retrouvailles avec les montagnes de son enfance, Johann, toujours aussi passionné, s'inventera un nouveau destin, participant à la magie de ce village où, depuis le milieu du XIXe siècle, accourent les célébrités du monde entier. 

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