Les enfants consultent-ils trop les psys ? La question est des plus cruciales. Avant tout, il ne faut pas tout psychologiser.

Avant d'avoir recours à un psychologue, prendre le temps d'écouter son enfant…
Avant d'avoir recours à un psychologue, prendre le temps d'écouter son enfant… © Getty / Bernd Vogel

L’institutrice de ma fille avait proposé un exercice carrément génial : il fallait dessiner un diagramme avec en abscisse, le taux de bonheur éprouvé à une certaine période de la vie et en ordonnée le moment quand ça avait eu lieu. On obtenait plein de points qui, reliés entre eux, formaient une ligne… de vie, sorte de montagne russe intérieure. 

L’enseignement est double. D’abord, on remarque que l’itinéraire d’une vie n’est pas vraiment un long fleuve tranquille. On réalise aussi que tout finit par passer. Un chagrin d’amour, un échec à l’école… « Tout passe » c’était déjà la leçon de l’Ecclésiaste et d’Epicure.

« Cette ligne de vie » peut s’obstiner à demeurer au ras du plancher : coups du sort à répétition, mal-être tenace, troubles intérieurs, difficultés de vivre...

Sans dramatiser, chaque parent, chaque enfant peut décider en prêtant l’oreille à sa boussole intérieure de se diriger vers un psy pour redonner à la vie une fluidité, la faire circuler en abondance.

Qu’est-ce qui est essentiel à transmettre à l’enfant ?

Eduquer un enfant, l’accompagner vers la grande vie, c’est déjà le libérer des peurs, l’amener à devenir pleinement qui il est tout en éveillant au fond de son cœur le respect, une responsabilité, un authentique goût pour les autres. 

Tous les jours, on inaugure, on se débrouille comme on peut, on invente.

Quand le mal-être semble s’installer, faut-il recourir à un professionnel ?

D’abord, gardons-nous de tout pathologiser et de jongler avec les étiquettes, au risque d’enfermer l’enfant sous des tonnes de diagnostics : déprime, comportement autistique, hyperactivité, précocité… Il s’agit plutôt d’être super attentif aux signaux d’alarme, de prêter l’oreille aux appels de détresse.

Quant à la question de solliciter un pro, là aussi, il s’agit d’écouter la boussole intérieure pour ne rien imposer. La joie de nos enfants ne s’arrache pas aux forceps, elle naît au jour le jour. Et tout doit être mis en œuvre pour que les traumatismes n’aient pas le dernier mot, avec ou sans psy.

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