Dans l’automobile c’est une idée qui fait son chemin. On pourra peut-être bientôt se passer d’usines fabriquer à des voitures.

Une voiture en jouet, fabriquée avec des matériaux biodégradables, et imprimée en 3D en mars 2016 à Hanovre
Une voiture en jouet, fabriquée avec des matériaux biodégradables, et imprimée en 3D en mars 2016 à Hanovre © AFP / John MacDougall

C’est le pari de la société Américaine Local Motors qui propose de construire votre voiture selon vos goûts personnels dans une imprimante 3D de très grande taille.

Vous voulez dire qu’il suffira d’appuyer sur un bouton et hop la voiture apparaitra ?

A peu de choses près c’est ça. Vous savez qu’il est déjà possible d’acheter une voiture en kit à prix réduit - comme les meubles IKEA à monter soi-même. Le principe est simple, vous recevez chez vous l’ensemble de pièces à assembler et la notice de montage. Déjà il est courant de trouver des kits de fabrication de drone de loisirs avec des imprimantes 3D domestiques banales. Il suffit donc que l’imprimante soit plus grande, de la taille d’un container. La grosse machine pourra être déplaçable facilement en camion pour fabriquer les voitures n’importe où. La carrosserie prendra alors forme sous les yeux des clients en quelques heures. Le fonctionnement est le même que celui d’une imprimante 3D de la FNAC : une buse dépose du plastique chauffé couche par couche, ce qui par accumulation forme une vraie carrosserie de 3m 50 sur 1m 70.

Et pour les roues et le moteur alors ? Ces pièces sont imprimées aussi ?

C’est comme les voiture en kit, le fabricant livre certaines parties prêtes à assembler, comme le châssis qui provient de la petite Renault Electrique Twizzy. Il suffit ensuite de visser les parties mécaniques directement à la carrosserie pour obtenir un adorable petit cabriolet deux places écolo et silencieux. Elle existe en version voiture de plage pour porter un surf, mais on peut aussi en fabriquer une en forme de mini AC Cobra, cette voiture de sport américaine mythique du constructeur Carol Shelby mais ici en réduction.

Sauf que franchement c’est pas un peu dangereux une voiture en plastique ?

Non, c’est habituel dans l’automobile depuis la Citroën BX qui avait un capot et un coffre en plastique en 1982 ou encore le Renault Espace entre 1984 et qui était longtemps fabriquée en fibre de verre, ça ne choque plus personne et c’est très résistant. La seule vraie différence dans le concept de Local Motors, c’est qu’il est possible de personnaliser sa voiture. On peut ajouter des fioritures sur la carrosserie, choisir la couleur ou encore changer facilement un morceau de la coque en cas de choc.

Ça coutera combien ?

Pour l’instant c’est encore très cher : 53 000 $, pour une voiture électrique avec 80 km d’autonomie et 80 km/h en vitesse de pointe. Mais ce n’est qu’un début car toutes les grandes marques de voitures s’intéressent à ce type de procédé de fabrication qui pourra se substituer aux grosses usines. La firme allemande Siemens vient justement de prendre des participations dans l’entreprise Loca Motors et de nouveaux arrivant comme Google ou Apple ou Dyson qui compte se lancer dans la construction de véhicules suivent de près ces nouveaux modes de production souples et peu gourmands en main d’œuvre.

Alexandre Lazerges, chef de rubrique Lifestyle à GQ

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