En France, 12 000 soignants, caissiers ou éboueurs qui ont continué à travailler pendant la pandémie ont été naturalisés. Comment s'est-on comporté ailleurs ?

Immigration : quand la France naturalise, la Grande-Bretagne taxe
Immigration : quand la France naturalise, la Grande-Bretagne taxe © Getty / Robert DEYRAIL

Vous avez certainement entendu parler, c'était la semaine dernière, de cette opération exceptionnelle du gouvernement et de l'administration qui ont accordé à 12 012 étrangers la nationalité française.

L'idée, lancée il y a un an, était de récompenser ceux qui, au plus fort de la pandémie de Covid19, alors qu'il n'y avait pas encore de vaccins, ont aidé nos concitoyens les plus fragiles et ont permis à notre économie de continuer à fonctionner.

Parmi eux, des médecins, des infirmières et des aides-soignantes mais aussi des caissiers de supermarché, des éboueurs, des travailleurs sociaux... Bref : 16 000 dossiers ont été traités en urgence et donc le plus souvent acceptés.

Des naturalisations partout commentées

Parce que j'ai été surpris de constater qu'il avait été partout commenté, non seulement dans les médias de nos voisins, mais aussi dans les grands quotidiens étasuniens !

Un écho inattendu qui a d'ailleurs poussé les journaux à trouver quelques témoins :

La presse britannique, par exemple, a retrouvé John Spacey qui travaille auprès de personnes âgées dans la Creuse et qui vit en France, où il a trouvé l'amour, depuis 2016. Le voilà donc Français et très reconnaissant envers un pays, le nôtre, qui lui a donné :

Un foyer où vivre, une Peugeot 206 de vingt ans d'âge, une Mobylette qui porte beau ses 40 printemps, un travail que j'adore et un avenir radieux ». 

Quant au Washington Post, il a retrouvé Fouad Kerbage, un médecin libanais de 33 ans, arrivé en 2017. 

Lui est simplement soulagé de la stabilité que son nouveau passeport lui apportera et d'autant plus reconnaissant que son pays d'origine s'enfonce dans une crise sans fin. Il a aussi adoré se plonger dans l'Histoire de France pour réussir son intégration.

29 000 sans papiers soignants menacés d'expulsion

Ah, non ! Deux salles, deux ambiances ! En 2020, 29 000 soignants sans-papiers mais protégés par une directive de l'administration Obama ont bien failli être expulsés en pleine pandémie.

Il s'en est fallu d'une décision de la Cour suprême ! Celle-ci a bloqué ces expulsions expresses décidées par Donald Trump.

La Grande-Bretagne fait payer cher le séjour légal

A Londres, des milliers de visas de travail pour les soignants ont été prolongés gratuitement, en signe de reconnaissance. Sauf qu'en juin dernier, fini la gratuité, le gouvernement britannique a voulu augmenter les frais de renouvellement de visas de travail payés, entre autres, par les soignants voulant rester au Royaume-Uni.

Et ça grimpe très vite, puisque chaque membre d'une famille doit s'en acquitter, enfants inclus. Pour le renouvellement d'une carte de résidence de cinq ans, c'est au minimum 750 € et, pour une famille de quatre, ça peut aller jusqu'à 9 500 euros !

Donc, ce programme qui a à accordé la nationalité française à 12 000 travailleurs de « première ligne » pendant la pandémie semble, en comparaison, très généreux et peut faire la fierté de notre pays.