Hippolyte Girardot a fait un rêve...

J’emmenais pour la première fois Jazz, mon petit fils au cinéma. Le 15 décembre 2025, pour ses cinq ans. 

C’était le jour où toutes les salles de spectacles ouvraient à nouveau. Non seulement les cinémas, mais les théâtres, les cirques, les musées., tout ce qu’on aime. 

La covid 24 continuait de circuler mais après que le prix nobel eut été attribué au super calculateur chinois « Etoile Rouge » pour ses études montrant le bien fondé du respect des gestes barrières, des masques et des jauges dans les lieux de spectacle pour éviter la contamination, ce qui - entre parenthèses- des français saltimbanques avaient prouvé dès 2020, déja, eh oui!, eh bien, le feu vert avait été donné pour que le spectacle avec du public reprenne ses droits. 

Evidemment pour Jazz, c’était un grand jour car même s’il avait vu des films sur un écran à la maison ou encore grâce à la puce « Magic Blanquer» inséré dans son petit poignet qui lui permettait de suivre ses cours directement dans son cerveau, il n’avait jamais su ce qu’était vraiment le cinéma, et ne cessait de me demander alors, Papapa, comment c’était le cinéma ? 

Comment te raconter ça , Jazz, ô Jazz. 

Imagine une salle, une salle comme comme un supermarché, tu vois ? oui, comme le supermarché en bas de chez toi, voilà, oui, grand comme ça, très grand mais sans les étagères où il y a les céréales d’insectes, les saloperies sous plastiques, les lessives qui polluent et les bonbons qui pourrissent le ventre, tu vois, juste la salle du supermarché vide etau lieu que les gens soient debout, ils sont assis. Eh oui, assis dans des fauteuils et ce qui est marrant, c’est que tous les fauteuils sont tournés du même coté. Pas en face l’un de l’autre comme chez toi, non, tous  tournés vers le grand mur au fond. Pourquoi ? Eh bien parce que au fond, sur ce grand mur blanc, c’est ça l’idée, là, tu vas voir le film. Comment ça, t’es déçu parce c’est juste un film comme sur ta tablette ? Ah mais non, Jazz, mais non, justement c’est pas JUSTE un film, c’est un film au CINEMA! ( c’est dingue ce que je peux m’énerver dans un rêve, moi ) Et un film au cinéma c’est comment te dire, c’est pas un film, c’est un film au cinéma. Tout devient noir, les lumières s’éteignent, tu entends les gens qui font chttt, chttt et puis devant toi, devant tes yeux, ça commence. 

Tu vois la terre depuis les étoiles et la musique commence, des grosses lettres tourne autour de la terre, ça brille, et c’est écrit en très grosses lettres que ce que tu vas voir est universel, c’est à dire que tout le monde le comprend, c’est un langage sans mots, et comme c’est en très gros, c’est très visible. Et puis un immense visage mille fois plus grand que le tien, petit jazz, se met à parler et peu importe, c’est incroyable, tu es subjugué par ces yeux, cette bouche, et tout ça bouge et derrière ce visage, ça bouge aussi, une ville, une foret, un désert, d’autres gens et c’est comme si tu sautais dans ce que tu voyais, tellement c’est grand, tellement c’est le monde qu’il y'a devant tes yeux, voilà c’est ça le cinéma. Mais non, je pleure pas, nain, je pleure pas, j’ai marché sur un oignon oublié du supermarché.  

Et là, Je me suis réveillé dans mon oreiller tout mouillé. Et j’ai compris pourquoi je pleurais quand j’ai vu sur mon phone que la réouverture des lieux de culture resteraient fermés jusqu’en janvier 21.  Mais pas les lieux de culte. C’est pour cette raison que les différentes associations de cinema regroupant tous les professionnels de cinéma réunissent leurs forces pour organiser des projections de films mercredi 16 dans les églises, jauge limitée, gestes barrières, masques obligatoires. On attend la programmation avec impatience.

Contact
Thèmes associés
(Ré)écouter La chronique d'Hippolyte Girardot