La Cinetek : l'idée est excellente ! Certains y redécouvrent des films qu'ils avaient oubliés ; d'autres découvrent des films dont ils ignoraient l'existence... Mais se pose la question du tri des films. Et si on mettait une touche de disruption dans le code ?

En parcourant le site, les choix des cinéastes et les thématiques, je me suis demandé quand même comment se faisaient en général les choix ? 

Parce que, mieux encore que les choix, ce sont les tris. 

Prenons l'exemple de ce mois : le thème est "l'intimité". Je ne connais pas exactement les films qui ont été choisis mais je peux au moins parier qu'il y en a dix fois plus. Les membres de la Cinetek ont sélectionné avec discernement (le site dit : "minutieusement") de prendre ceux qui illustrent le mieux le sujet.Il ne s'agit évidemment pas d'être trop littéral, voire trivial, mais de se servir des films pour rentrer au cœur de ce qu'on appelle tous "l'intimité". On trie à la fois par goût et par pertinence. Au travers de ce tri se dessine un portrait de ce qu'est, ou de ce qu pourrait être, l'intimité au cinéma. 

J'ai quasiment vu tous les films de ce mois-ci et je vois un fil rouge qui s'emberlificote autours de la relation amoureuse, de l'autoportrait, de sa place à soi dans le monde, de la sexualité... bref de ce que nous avons d'intime en nous.

Mais ce qui est beau, c'est la pieuvre de cette thématique. Elle peut envoyer ses tentacules au bout du Japon érotique, se glisser dans les bas de soie de Françoise Dorléac, monter sur la Vespa de Nanni Moretti, se glisser entre les cuisses des garçons de Brest ou de Lisbonne ou parler la langue suédoise pendant 2h48 !

Mais comment se font les tris ? 

La façon dont on trie le monde raconte moins le monde que soi-même à travers ces choix !  Mais à l'heure où nos comportements sont perpétuellement analysés, algorithmés par des machines hallucinantes qui réussissent à trouver dans nos conduites présentes nos comportements futurs, à prévoir ce que nous mangerons, pour qui nous voterons, vers quoi nous penserons aller de notre plein gré... Je me demande s'il n'est pas nécessaire de glisser l’imprévisible dans le probable, histoire de niquer l'algorithme ?

► Le site de La Cinetek

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