C'est l'heure du départ. Les héros de séries prennent souvent la route. Retour sur quelques "road series" de "La Conquête de l’Ouest" de la famille Macahan à Richard Kimble dans "Le fugitif" en passant par "Hulk" "Kung Fu" ou "Le Vagabond"

La série incroyable "Hulk" (1978) par Kenneth Johnson
La série incroyable "Hulk" (1978) par Kenneth Johnson © AFP / Archives du 7eme Art / Photo12

Les chaines de télé aiment propulser leurs personnages de séries sur des trajets sans fin, ça assure du dépaysement et puis un certain nombre d’épisodes. Le principe est en général toujours un peu le même : construire une narration autour d’un ou de plusieurs personnages qui prennent la route et que l’on confronte à de multiples rencontres, aventures et univers. C’est une tradition héritée du western comme un convoi de chariots dans La grande caravane qui voyage entre le Missouri et la Californie en plus de 250 épisodes ou encore la transhumance des vachers de Rawhide la série avec Clint Eastwood et ses 217 aventures. Un genre réactivé au moment où le western disparait doucement de la télé, à la fin des années 70, dans La conquête de l’ouest et le clan Macahan. 

Dans le rôle de Zeb Macahan, un certain James Arness qui lui aussi en avait fait du chemin à la télé, en incarnant Matt Dillon, un des shérifs les plus récurrents de l’histoire des séries. C’était dans Gunsmoke entre 1955 et 1975. Ici, à la tête du clan Macahan, mi cow-boy, mi trappeur, Zeb diminutif de Zebulon porte cette série qui nous plonge dans l’immensité de l’Ouest à l’image du générique construit à partir de plans aériens sur de magnifiques paysages des grandes plaines ou du Grand Canyon du Colorado.

Outre la recherche d’une terre promise, qu’est-ce qui poussent les héros de séries à prendre la route ?  Souvent pour prendre la fuite comme dans Kung Fu avec David Carradine dans un western seventies qui prône la non-violence. Kwai Chang Kaine orphelin métis sino-américain a grandi dans un monastère bouddhiste. Il fuit la chine après avoir tué un membre de la famille royale. Adulte, il arpente alors l’ouest à la recherche de ses origines américaines. L’occasion de mettre en pratique les leçons apprises auprès de son maître shaolin et de prendre la route dans un esprit sain, porteur d’une morale qui ne déplairait pas à Ali Rebeihi … Grand bien lui fasse ! 

Le voyage initiatique ou la fuite, de Kung fu à l’incroyable Hulk, ce sont des motifs traditionnels des road series … et une mécanique, déjà sur les rails depuis les années 60 avec le Fugitif. Une série à faire vibrer les cordes sensibles d’un Fabrice Drouelle ou… l’affaire Richard Kimble.  

Sur sa route, fugitif ou pas, un bon personnage itinérant apporte en général son aide à ceux qui le croisent. Dans le cas de Richard Kimble le fait qu’il soit médecin est assez pratique et pour Jarod, le caméléon, être doté d’une intelligence supra-normale capable d’endosser n’importe qu’elle identité c’est utile. Enfin, dans les séries pour le jeune public, être un animal errant a aussi ses avantages comme dans la série Littlest Hobo ou, en pleine mode Rintintin et Lassie, un berger allemand vagabonde pour rendre service … avant de sauter dans le premier train et voyager de ville en ville. Au début des années 80, la série fait son come-back dans Croque Vacances sur TF1 en couleur et en vidéo dans Le Vagabond et où, là encore, à chaque fin d’épisode, le héros canin prend ses clics et ses pattes. 

Et le Vagabond de reprendre sa route car comme le chantait Gilles Rivard dans le générique "il est une voix qui l’appelle et l’attire, au fil des routes, je l’écoute et la suis (...) il se peut qu’un beau jour, je me repose enfin, jusqu’à ce jour, je poursuis mon parcours"
 

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