Si aujourd’hui, la sériephilie s’affirme haut et fort, le goût des séries a longtemps été ignoré ou méprisé et pourtant la passion des séries s’est toujours exprimée sous des formes différentes et ce dès les débuts de la télévision. La preuve dans cette faim de séries !

La sériephilie n'est pas un vilain défaut
La sériephilie n'est pas un vilain défaut © Getty / 10'000 Hours

Si en 2021, la série est partout, notamment dans de grands festivals, comme au festival international Séries Mania qui a fermé ses portes, hier soir, à Lille, dans le monde de la culture, la série a longtemps été déconsidérée. 

Et pourtant, la passion des séries est aussi vieille que la télé

D'ailleurs, après des premières années d'expérimentations, puis l'ère des premières séries, en direct comme Les 5 Dernières minutes en 1958 ou sous forme de feuilleton quotidien comme Janique Aimée en 1963 ou Rocambole en 1964, c'est une mini série détonante qui va créer un électrochoc en 1965.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Belphégor réveille la sériephilie française. Alors qu’il n’y a que 7 millions de poste de télé dans les foyers (pour 49 millions d’habitants) le premier épisode sur le mystère du fantôme du Louvre est vu par 15 millions de téléspectateurs. C'est un véritable carton. Le lendemain, tout le monde en parle, la semaine suivante ils seront du coup 20 millions devant le poste.

Avec l’arrivée à la fin des sixties de séries américaines plus modernes comme Le fugitif ou Mannix et la création d’une case dédiée aux séries, tous les lundis, à 20h30, tout le monde en redemande. 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pas étonnant que très vite dans les années 1970, la télé propose carrément aux spectateurs de choisir leurs séries préférées en décrochant leur téléphone

C’est Guy Lux qui a cette idée lumineuse. 

L'émission s'appelle La Une est à vous, puis Samedi est à vous. Elle est présentée par Bernard Goley. Ce rendez-vous interactif qui fait du sériephile le programmateur de l'émission fait son retour en 1987 présentée cette fois ci par Sylvain Augier puis Bernard Montiel mais la culture séries a bien grandi et désormais des générations de sériephiles en demandent plus et notamment que leurs séries préférées soient aussi et enfin observées et analysées à leur juste valeur. 

Le tournant a lieu à la fin des années 80 et dans les années 90

8ème art, une maison édition se spécialise et l’été 1991, il y a 30 ans tout rond, un magazine de passionné voit le jour. Il est orchestré par Christophe Petit. Son nom : "Générations Séries". Au sommaire du 1er numéro, tout y est, un retour intelligent sur des œuvres cultes des années 60/70 comme Cosmos 1999 et la Une fait honneur à la série Sherlock Holmes, une façon de rappeler peut-être, que la série télé est aussi en partie un peu l’héritière des récits populaires littéraires. 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Au même moment, à la télé, une chaine du câble pointe le bout de son nez et œuvre à son tour pour rendre audible les meilleurs sériephiles de l’époque dans l’émission Destination Séries menée de mains de maitres par Jean-Pierre Dionnet et le Professeur Alain Carrazé. 

Canal Jimmy diffuse des séries puissantes : NYPB Blue, Les Soprano ou Friends, Série Club s'impose aussi en rejouant à ses débuts des classiques de l'ORTF, des œuvres en VOST comme Buffy ou révèle les chefs d'œuvre Oz ou Homicide

Des revues, des émissions, des livres et de chaines qui autorisent, au XXIème siècle, une nouvelle génération à parler encore plus ouvertement de son goût pour les séries. La sériephilie n'est désormais plus un vilain défaut.