On souffle les 70 bougies de la pionnière des sitcoms … "I Love Lucy" ! Et "pionnière", c’est bien le mot, pour qualifier autant la série "I Love Lucy" que son interprète et productrice, Lucille Ball. Figure populaire d’une sitcom culte qui a démarré le 15 octobre 1951 sur la chaine CBS.

Image tirée de la sitcom "I Love Lucy", extrêmement populaire aux USA dans les années 1950
Image tirée de la sitcom "I Love Lucy", extrêmement populaire aux USA dans les années 1950 © AFP / Desilu Productions / Collection ChristopheL

La série raconte l’histoire de Lucy, bonne épouse un peu maladroite qui rêve de s’extirper de sa condition de femme mariée pour exercer un bon métier, si possible dans le monde artistique comme son mari, Ricky, crooner et chef d’orchestre.  

Alors si le personnage de Lucy est très souvent tourné en ridicule : dans les années 1950, cela permettait entre autre à ces messieurs de rire des rêves de liberté de cette femme au foyer, en réalité, personne n’est dupe, c’est bien elle qui dirige le show. Si la plume de la série ce n’est pas elle, il n’en reste pas moins que dans le show, Lucille Ball est la patronne. 

Dans cette série qui joue la carte du burlesque et du music-hall

Lucille Ball invente ce que toutes les autres sitcoms développeront par la suite. Pour la produire, elle va créer son propre studio avec son mari Desi Arnaz, la société s’appellera Desilu, Desi comme Arnaz… Lu, comme Lucille Ball. Et dans l’histoire de "I love Lucy" ce n’est pas Desi qui impose Lucille mais bien l’inverse. Il sera dans la sitcom, Ricky Ricardo, le mari musicien latin lover de Lucy parce qu’elle le veut.

Desi Arnaz et Lucille Ball sur le tournage de "I love Lucy" en 1951
Desi Arnaz et Lucille Ball sur le tournage de "I love Lucy" en 1951 © AFP / Desilu Productions / Collection ChristopheL

Et avec lui, Lucille produira bon nombre de séries, comme par exemple "Les Incorruptibles". Quand le couple divorce, c’est Desi Arnaz qui revend ses parts à Lucille Ball, qui devient alors l’unique patronne du studio Desilu. Elle produira entre autres : "Star Trek", "Mission Impossible" ou "Mannix" … rien que ça ! 

"I love Lucy" reste la mère de toutes les sitcoms

Avec cette série, Lucille Ball impose un tournage devant public pour garder la dimension théâtrale tout en filmant à trois caméras et en 35 mm afin de s’offrir un montage plus cinématographique. 

De plus, Lucille aurait dû se rendre à New York pour tourner sa série mais elle refuse et impose qu'elle soit enregistrée dans les studios à Hollywood. Ce qui est resté depuis la norme pour l’essentiel des sitcoms. 

Mais au-delà de cette dimension industrielle, Lucille Ball est la première à détourner les codes de la représentation de la femme au foyer et prépare le terrain à des séries comme les Honeymooners dans les années 1950 ou, dans les années 1960, Ma sorcière bien aimée.

Enfin, Lucille Ball est l’une des premières à intégrer sa grossesse dans une série 

Et cela vient bousculer le récit. Ce qui donne une dimension feuilletonnante à la sitcom et offre de jolis moments de comédie comme quand Lucy annonce qu’elle attend un enfant.

Nous sommes un soir de cabaret. Ricky est sur scène. Il découvre un petit mot d’une spectatrice anonyme. Elle lui écrit qu’elle n’a pas eu le temps d’annoncer à son mari qu’elle attendait un enfant. Elle lui demande, pour lui faire la surprise, de chanter "We are having a baby" … Ricky chante en passant de table en table et tente de découvrir qui est l’heureux couple. Et au premier rang, Lucy attend patiemment ! Surprise ! 

Lucy Ricardo a marqué durablement la vie des américains et des américaines. Pas étonnant que l’on évoque aujourd’hui un retour possible de "I love Lucy". Merci Lucille Ball ! 

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