Dans l’épisode précédent, à travers une dizaine de génériques, on s'amusait à démontrer à quel point, leurs musiques sont des marqueurs mémoriels efficaces. Mais voilà, la musique ne fait pas tout ... La preuve par la back story et l'esthétique

Roger Moore et Tony Curtis dans "Amicalement vôtre" sur ABC en 1972
Roger Moore et Tony Curtis dans "Amicalement vôtre" sur ABC en 1972 © Getty / Walt Disney Television

Exemple numéro 1 : Roger Moore et Tony Curtis dans "Amicalement vôtre" ! 

Voilà un générique qui reste peut-être plus dans les mémoires que les épisodes de la série des aventures de Dany Wilde et Bret Sinclair. Et s’il reste autant en tête, c’est certes pour la musique de John Barry, mais pas uniquement … 

Fermez les yeux et revoyez : un dossier rouge, un dossier bleu… Des photos de deux garçons, un américain et un britannique.

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Quelques images symboliques : une statue de la liberté, le palais de Westminster, des images d’archives et des coupures de presse qui rappellent les origines des personnages, un gamin des rues qui réussit dans le pétrole et à Wall Street, un lord anglais qui s’épanouit dans le sport, l’aviron puis les courses automobiles.

Dans ce générique d’un peu plus d’une minute, la rencontre des deux héros et la nature de leurs aventures sur la Côte d’Azur sont suggérés en quelques plans montés en split screen. Bref, tout est en place, dès le générique … Et l’aventure peut commencer. 

On peut appeler ça… un "générique boussole" c'est ce que écrit le scénariste Eric Vérat dans un livre passionnant Génériques ! Les séries américaines décryptées paru aux Moutons électriques, il y a 10 ans.

Dans ce livre, il distingue  plusieurs typologies dont ce "générique boussole" qui a pour fonction, un peu comme dans celui des Drôles de dames, de résumer ce que l’on appelle la back-story des personnages soit l’histoire des héros, avant le premier épisode. 

Utile pour les auteurs qui peuvent ainsi accélérer l’entrée des personnages dans le récit. 

Un générique, entre musique et récit, sert d'abord à attirer le téléspectateur et à l'autoriser aussi à regarder ... 

Exemple numéro 2 : "Zorro"

Le générique démarre par l'information cruciale : Walt Disney Présente ! ça vous rassure ? Vous pouvez laisser vos enfants seuls devant la télé, l'Oncle Walt est aux manettes ! Le générique impose par ailleurs immédiatement le personnage, son nom qui commence par un Z, que l'on peut signer en trois coups à la pointe de l'épée. 

Un générique permet donc l’installation d’un personnage et d’un univers mais aussi d’imposer un titre et une typo, un peu comme le titre d’une série d’albums de BD. 

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Dans une librairie, même de loin, en un seul coup d’œil vous allez reconnaître un nouvel Astérix ou Tuniques bleues. Un générique c’est la même chose … Dallas, Mission Impossible, Urgences, à chaque titre sa typo avec en bonus quelques notes de musique. 

Exemple numéro 3 : "Six feet under"

Un générique plus esthétique que narratif mais qui met en scène le titre de la série avec une atmosphère, une identité et un logo. Ici, sous l’arbre, le titre s’affiche toujours dans sa case six pieds sous terre. Un logotype qui ne changera jamais.

D’autres génériques de séries peuvent changer de saison en saison. On y ajoute un élément visuel, on intègre le visage d’un nouveau comédien ou on opère de léger changement de musique comme, exemple numéro 4, dans Weeds qui joue la même  chanson, Little boxes, interprétée différemment dans chaque saison. 

Un commentaire, peut-être, de la forme sérielle qui raconte des histoires aux couleurs différentes mais qui sont "toujours un peu pareil".

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Enfin, utiliser un standard de la chanson, comme dans Weeds, c’est pratique dans un générique, notamment pour envoyer un signal fort. Dernier exemple, dans Mariés et deux enfants où Al Bundy n’a rien d’un Sinatra dont on a emprunté la chanson. 

Et à voir la gueule du type et de sa famille, on se dit que … l’amour et le mariage…
Ça peut aussi être un désastre ! 

Pour rattraper l'écoute de l'épisode précédent sur les génériques c'est par ici : Faim de séries TV et de génériques (1/2) : En musique ... 

=> Retrouvez Benoît Lagane, tous les samedis, dans Une Heure en Séries au côté de Xavier Leherpeur