Bonne année et surtout belle décennie 2020 … Oui, belle, on l’espère, car si à l’heure des bons vœux on se souhaite le meilleur, à regarder les séries qui envisagent le futur, à vrai dire : ça fout la trouille !

Dernier exemple en date, la série anglaise « Years & Years » diffusée en 2019. La série n’épargnait personne, ni ses personnages, ni ses téléspectateurs. Le principe, radical : nous raconter en six épisodes la décennie qui débute sous un angle plutôt flippant. Une série qui a convaincu d’ailleurs l’ensemble de la critique (qui aime souvent se faire peur).

« Years & Years » disponible sur Canal raconte donc l’histoire de la famille Lyons. Habitants de Manchester, ils se retrouvent confrontés, dans leur quotidien, à la marche du monde, mais une marche du monde qui ressemble plus à une dégringolade qu’à une ascension paisible et positive.

Et tout commence, en 2019, alors qu’on souhaite tout le meilleur du monde au petit dernier qui vient de naître, la télévision et les réseaux sociaux se font l’écho d’un monde effrayant qui questionne des personnages très inquiets.

De 2019 à 2030, à en croire la série, rien ne va plus !

Fermeture des frontières face aux mouvements migratoires, crise environnementale, montée en puissance de nouvelles technologies hyper-connectées ou l’intelligence artificielle devient une réalité … 

Et comme tout citoyen britannique, les Lyons doivent apprendre à s’accommoder de la terrible politique d’une élue populiste plus vraie que nature. Interprétée par Emma Thompson, toute ressemblance entre son personnage et Donald Trump ou Boris Johnson est totalement volontaire. D’ailleurs, notez qu’elle est blonde, comme eux.  Bref, un futur proche qui fait très froid dans le dos.

« Years & years » a été la série marquante de 2019, mais au fond des séries qui nous montrent des lendemains effrayants … C’est aussi vieux que la télé. 

Dans les années 50 & 60, dans «Au-delà du réel» ou «Twilight Zone», les scénaristes marqués par la seconde guerre mondiale, Hiroshima ou la conquête spatiale, imaginaient déjà des futurs effrayants. Et dans les années 2010, les anglais pondent «Black Mirror» dans le même esprit afin de jouer avec les peurs du 21ème siècle.

Et c’est souvent de purs fantasmes car quand les séries inventent le futur elles se plantent aussi beaucoup. 

Revoyez par exemple la série « Cosmos 1999 ». Au-delà du plaisir vintage, on peut l’affirmer, en 1999, ni même en 2019 d’ailleurs, la lune n’est devenue, comme l’imaginait la série, une poubelle à déchets radioactifs.

Maussi si les séries imaginent souvent l’impossible, elles s’avèrent aussi, parfois, prémonitoire.

Le créateur de X-Files, Chris Carter, après avoir joué sur les peurs de la fin du XXème siècle et du passage à l’an 2000, imaginait au printemps 2001, une série dérivée « The Lone Gunmen ». Et dans le premier épisode, les héros de la série – trois geeks, des adeptes des théories du complot – enquêtent sur un complexe militaro-industriel américain qui prévoit un attentat à New York afin de relancer la vente des armes. Un épisode diffusé 6 mois avant le 11 septembre. Dans la série, pour ménager les téléspectateurs, l’attentat sur les tours jumelles était déjoué car la fiction dépasse et adoucit souvent la réalité.

Moralité : Les séries qui envisagent le futur ... ça fait froid dans le dos. 

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