Quand dans les années 80, en France, notre "Dallas" s’appelait "Châteauvallon"... Mais quel est le monde mercenaire et ambitieux qui se cache dans l'eau trouble d'un regard, l'aventure et la passion, autour de Chantal Nobel et Châteauvallon ?

L'équipe de Chateauvallon (Jean Davy, Pierre Hatet, Chantal Nobel (assise, 4ème G), Malka Ribowska (4ème D) Philippe Rouleau (2ème D) et Denis Savignat (D)) diffusée sur Antenne 2 en décembre 1984.
L'équipe de Chateauvallon (Jean Davy, Pierre Hatet, Chantal Nobel (assise, 4ème G), Malka Ribowska (4ème D) Philippe Rouleau (2ème D) et Denis Savignat (D)) diffusée sur Antenne 2 en décembre 1984. © AFP / AFP

En 1985, TF1, la première chaîne publique de la télé crânait fièrement avec l’univers impitoyable des Ewing. Et pour faire face à la ville de Dallas qui glorifie la loi du plus fort, Antenne 2 riposte, et va se la jouer local ! Sur un air de variétés des années 80, tous les vendredis, juste avant Bernard Pivot, c’est bienvenue chez les Berg ! Durant 26 épisodes de 50 minutes les français vont suivre les histoires sentimentales, médiatiques, politiques et financières d’un monde de mercenaires et d’ambitieux ou tout se confond aveuglement dans la folie et dans le sang ! Puissance et Gloire ! Châteauvallon c'était il y a 35 ans et le générique signé Vladimir Cosma et interprété par Herbert Leonard reste dans les mémoires. 

"Châteauvallon" c’est l’histoire de la famille de Florence Berg, une femme puissante interprétée par Chantal Nobel. Avocate réputée à Paris, elle est de retour à la maison pour l’anniversaire de son père avec qui elle entretient des relations plutôt tendues mais qui, semble-t-il, a des idées pour elle : lui offrir la direction de La Dépêche, puissant et influent journal régional et familial. 

Et quand on parle de Dépêche, on pense à celle du midi, sauf que nous ne sommes pas à Toulouse mais dans la ville fictive de "Châteauvallon" située dans le centre de la France, sur les bords de Loire. Mais la ressemblance était telle que beaucoup ont vu chez les Berg, un je ne sais quoi de la famille Baylet, dynastie radicale de gauche, magnat de la presse d’Occitanie qui veille à la destinée de La Dépêche du Midi de père en mère et de mère en fils depuis des décennies sur les rives de la Garonne. Il a même été dit que la série aurait pu s’inspirer de la rivalité entre les Baylet et une autre famille réputée de la région toulousaine, les Baudis, leur opposant de centre droit, et édiles de père en fils dans la ville rose. Les producteurs qui n’ont pas osé se mouiller ont préféré précisé, à chaque fin d'épisode, pour ne froisser personne : 

Toute ressemblance ou similitude avec des événements ou des personnages existants ou ayant existé serait fortuite et involontaire 

Alors quant on sait que le romancier et scénariste Georges Conchon directeur d’écriture de "Châteauvallon" était un militant de longue date de la SFIO puis du Parti Socialiste, on peut avoir des doutes, la vie politique, il connaissait bien. Les allusions sont d’ailleurs nombreuses dès le premier épisode quand Florence Berg retrouve à "Châteauvallon", son amant centriste, Georges Quentin, un député, ministre qui rêvait de rabibocher le centre droit et le centre gauche, un homme politique légèrement macronien, en marche avec 30 ans d’avance !

L’aventure et la passion autour de "Châteauvallon" ne dureront finalement que le temps d’une seule saison car la série ne reviendra jamais après un grave accident de voiture de Chantal Nobel. Les français regretteront longtemps qu’après sa sortie du coma, elle ne reprenne jamais le rôle de Florence Berg : "Une femme emportée par la tourmente, Douce, romantique ou intrigante" comme le chantait Herbert Léonard.

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