Jusqu'au 20 mars, chaque semaine, en clin d’œil aux élections municipales, petit voyage à travers villes et villages des séries télévisées. Et pour commencer, un village de France entre Jura et Limousin, le village français de la série de France 3 ou le quotidien d'une petite ville sous l'occupation en sept saisons.

Sur le tournage de la série Un Village français
Sur le tournage de la série Un Village français © AFP / BERTRAND GUAY

Si la télé française au début des années 1970 avait déjà imaginée une chronique de la France occupée dans Le 16 à Kerbriant avec Louis Velle dans le rôle d’un officier de la Wehrmacht et Tsilla Chelton dans celui d’une parisienne qui avait quitté la capitale pour sa ferme familiale en Bretagne, cette série – diffusée en feuilleton d’une vingtaine d’épisodes de 15 minutes avant d’être remontée à six épisodes d’une heure – ne se centrait que sur les derniers temps de l’occupation en 1944. 

Un Village français en 2009

En 2009, le projet d’un Village français admirablement porté par Frédéric Krivine au scénario, Philippe Triboit à la réalisation et Emmanuel Daucé à la production était beaucoup plus ambitieux. Raconter les trajectoires des habitants de Villeneuve, ce village français fictif, de 1940 jusqu’à la sortie de la guerre.  Et même plus.  Ils prévoyaient au départ une soixantaine d'épisodes, il y en aura au final 72.

Une série réussie de bout en bout et dont le premier épisode est encore dans les mémoires. À Villeneuve, malgré l’approche des troupes allemandes, l’insouciante institutrice, Lucienne, profite d’une belle journée de juin pour partir en promenade avec les enfants de l’école quand l’ennemi débarque. Une scène qui restera dans les annales des moments les plus mémorables de la télé.

Si Villeneuve est censée être une sous-préfecture du Jura, le décor, lui, est en réalité … dans le Limousin !

Et si vous partez à sa recherche dans la région, préparez-vous à faire de la route, car Villeneuve n’existe que façon puzzle.  Ici et là.  Ici, en Haute-Vienne à Eymotiers pour la gare ou à Chateauponsac pour le panorama sur le village que l’on voit dans le générique. Et là, dans la Creuse, à la Souterraine avec la place du village et à Châtelus-le-Marcheix pour le célèbre pont de la série. Un pont fort symbolique, un lieu de démarcation filmé tout au long des saisons et qui sera réinvesti sous la forme d’un saut en avant dans le temps, à la fin de la série, pour mieux rappeler que l’histoire (avec un grand ou un petit h) se construit en épisode dans des lieux de mémoire régulièrement visités.

Chroniquer un village français sous l’occupation cela permet aussi de décrire une France entre gris clair et gris foncé

Et d’ailleurs la trajectoire du personnage de Daniel Larcher – interprété remarquablement par Robin Renucci – est intéressante à observer. Pour Frédéric Krivine, le créateur de la série, Daniel Larcher est je le cite : 

Un maire soucieux du sort de ses administrés mais … un vichyste ordinaire, un humaniste qui, en essayant sincèrement de limiter les dégâts, va se retrouver à collaborer. On avait déjà vu » dit-il « des résistants et des méchants collabos, mais jamais un collaborateur ordinaire, auquel le téléspectateur est amené à s'identifier...

Un village français c’est une exception française ?

Vue et appréciée à l’étranger et notamment par le cinéaste Brian de Palma, on apprenait, il y a un an, que ce dernier travaillait à une adaptation aux États-Unis avec le soutien du créateur d’un village français. Le nom de code de ce projet : « New Town » traduction littérale de  Villeneuve. Il ne sera pas question ici de raconter le quotidien d’un village français de 1939 à 1945 mais celui d’un village américain, entre 1861 et 1865, pendant la guerre de sécession. An american town dans le Kentucky, un état frontière où les tensions entre nord et sud étaient similaires, dit-on, à celles vécues en France entre zone libre et occupée. Un projet que l'on espère voir aboutir ... A suivre  

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