Alors que le film de Nicolas Vannier « Poly » vient sortir en salle, retour sur les chevaux qui peuplent l’histoire du petit écran à l’époque du western triomphant mais pas que … ou comment le cheval, quand il n’est pas le fidèle compagnon d’un héros sans peur et sans reproche, peut aussi prendre la parole ?

"Les aventures de Poly", série télévisée de Cécile Aubry (1961) avec René Thomas, Dominique De Keuchel, Christine Aurel, Stéphane Di Napoli et le poney "Poly".
"Les aventures de Poly", série télévisée de Cécile Aubry (1961) avec René Thomas, Dominique De Keuchel, Christine Aurel, Stéphane Di Napoli et le poney "Poly". © AFP / Jean Claude Pierdet / Ina

59 ans après sa première apparition en 1961, dans une série télé voici que Poly arrive au cinéma. Après Belle & Sébastien déjà adapté sur grand écran par le cinéaste aventurier, Nicolas Vannier, c'est une nouvelle œuvre de l'écrivaine, scénariste et réalisatrice Cécile Aubry qui arrive au cinéma dans une version 2020 qui nous replonge dans les années 60. 

Et dans le premier Poly, on retrouve déjà Medhi, avant qu'il ne devienne Sébastien, alors âgé de 5 ans où il y incarne l’intrépide Pascal, un petit garçon qui se donnait pour mission de protéger Poly, un gentil Poney de cirque. Il faut dire que le méchant patron n’aime pas Poly qui dit-il : 

N’est qu’une sale bête qui n’en fait qu’à sa tête » ! 

Pascal se cache sous la roulotte, se faufile discrètement dans le box … et libère le poney shetland. Dans le premier générique de cette saison 1 - Poly en comptera 9 au total - Isabelle Aubret chante  

Poly-poly-polisson disait le petit garçon, si tu veux la liberté moi, je vais te la donner... »

Et commence alors une sacrée aventure aux frontières de la légalité pour Pascal, Poly et tous les camarades du village car dans cette série – comme dans d’autres – les enfants qui rêvent d’indépendance sont les seuls capables de tout pour aider le Poney à s’échapper de sa condition d’animal en cage. 

La série sera un tel succès que Medhi grandissant deviendra Sébastien auprès de Belle puis "Parmi les hommes". D'autres enfants partiront à l'aventure au côté de Poly, un peu partout en France puis à Venise, au Portugal ou en Tunisie.

Être à cheval dans une série c'est un hymne à la liberté mais aussi l'occasion de mettre en scène des galops légendaires. Après The Lone Ranger et son rapide Silver, il est évident que dans les séries westerns, un cheval "part toujours à l’aventure au galop" et si possible au côté "d’un renard rusé qui fait la loi"… 

D’ailleurs quand Don Diego décide de devenir Zorro, si sa première mission est de trouver l’habit qui fait le héros, la deuxième est de choisir sa monture : Un cheval noir comme la nuit, fidèle et surtout … bien dressé !  Il ne faudrait pas non plus que le cheval soit supérieur à l’homme ! 

Vous avez noté que l’étalon noir de Zorro plus rapide que l’éclair ne s’appelle pas Pèpère ou Pipo mais Tornado … Un nom de cheval c’est important, ça dit beaucoup, souvenez-vous, dans les années 70, dans Black Beauty en VO…

En français, Ils ont pas mal hésité… mais ce sera finalement Prince Noir. Et dans cette série britannique, les jeunes héros partent au galop sur leur cheval dans l’Angleterre du XIXème un peu comme dans un western familial américain mais avec la conviction chevillée au corps, que leur monture doit être libre et protégée … comme dans Poly !  

En 2020 les chevaux apparaissent de moins en moins sur le petit écran ou alors essentiellement dans des séries pour enfants centrées autour de sports hippiques comme dans Ride, la vie à cheval ou encore dans Heartland, un soap opera pour ados plutôt efficace et tourné dans les magnifiques décors naturels des rocheuses canadiennes où les héros du Ranch depuis plus de 13 saisons soignent des chevaux et au passage,  un peu les humains. Mais il est vrai que le cheval n’intéresse plus beaucoup les créateurs de séries contrairement aux années 60, une époque où un canasson avait même eu droit à sa sitcom : Monsieur Ed, le cheval qui parle

Une série lancée – la même année que Poly –  en 1961 aux Etats-Unis et diffusée en partie en France avec Jean Amadou dans la voix de Mister Ed. Dans cette sitcom, le cheval s’invite dans les conversations de son propriétaire, joue aux échecs avec lui, fait de la peinture et répond même au téléphone … Une série en 6 saisons tout de même qui accueillait de nombreux invités comme Clint Eastwood dans un épisode. Bref, un vrai show télé qui s’ouvrait par un hennissement et une chanson avec des rimes en Horse … of course ! 

=> Retrouvez Benoît Lagane, tous les samedis dans Une Heure en Séries au côté de Xavier Leherpeur et le 24 octobre 2020 dans la chronique Effet miroir on explique pourquoi dans les années 70, le monde rural a eu tendance à disparaître dans les séries américaines, après, entre autres, Les Arpents Verts. 

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