Le 26 mars 1989, les américains découvrent pour la première fois à la télévision le Dr Sam Beckett. Et si 32 ans plus tard, on partait pour un voyage à la rencontre de Code Quantum.

Image de la série Code Quantum
Image de la série Code Quantum © NBC

Tout a commencé, une décennie plus tôt … en 1979 ! À l’époque le scénariste et producteur Donald Bellisario sort glorieux d’une comédie d’aventure historique et militaire, Les têtes brulées et d’un space opera, pas vraiment abouti, Galactica

Passionné par l’histoire, le monde militaire et la science-fiction, le créateur tente de vendre une nouvelle série sur une expérience de voyage dans le temps

Cette série devait raconter l’histoire d’un savant porteur d’une maladie congénitale héréditaire qui, après avoir trouvé un vaccin, se lance dans un voyage dans le temps pour en faire profiter ses ancêtres. Trop alambiqué peut-être, ce concept est abandonné et la télé américaine préfère commander au scénariste la série Magnum de facture plus classique. 

Mais Donald Bellisario ne perd pas de vue son idée, et dix ans plus tard, en 1989, va simplifier le point de départ et concrétise son voyage en imaginant Sam Beckett, un héros plutôt fun qui redonne des couleurs au voyage dans le temps avec comme dans Magnum, de l’humour et du second degré, mais aussi comme dans Les Têtes brûlées de la grande histoire revisitée par le petit bout de la lorgnette ainsi que de la SF mais sans la lourdeur du space opera pas assez grand public à l’époque ! Cela donne … Code Quantum soit 5 saisons et  plus de 90 épisodes et tout autant de … "oh bravo !" 

Une série qui donne l’occasion au comédien Scott Bakula qui interprète Sam Beckett d’endosser de nombreux costumes avec l'aide du non moins talentueux Dean Stockwell dans le rôle de son ange gardien Al. 

Le bien-nommé Sam Beckett, sans doute en clin d’œil à l’auteur de En attendant Godot , tant il y a quelque chose du plaisir du jeu théâtral, un peu absurde et sans fin, dans la quête du héros de Code Quantum, le Docteur Sam Beckett donc est d’abord et avant tout un comédien. 

La série se déguste avec grand plaisir Donald Bellisario, dont c'est l'une des œuvres les plus personnelles, s’amuse avec tous les genres du cinéma, du film de gangster à la comédie romantique et permet à Scott Bakula tous les rôles possibles et imaginables : un chauffeur afro-américain dans un état ségrégationniste, un pilote d’essai, un footballeur, un pianiste et même celui d’un chimpanzé cobaye de la NASA. Il faut dire que Scott Bakula est plutôt bien armé, le comédien qui vient de Broadway sait absolument tout faire. Il sera même, ce qui est assez rare dans la série, dans la peau de personnages ayant réellement existés et notamment Lee Harvey Oswald. 

Donald Bellisario a raconté - c’est le journaliste Alain Carrazé qui le rapporte dans son livre Les Nouveaux feuilletonnistes - qu’il avait écrit cet épisode en opposition à la version donnée par Oliver Stone dans le film JFK. 

Un épisode qui fera d’ailleurs un peu polémique aux États-Unis. Beaucoup considérant que la vision de la série était historiquement erronée. 

Avec le recul, le créateur admet être partagé sur cet épisode, content de l’avoir signé mais certain qu’on ne l’y reprendra plus. Il s’agit de toute façon du premier épisode de l’ultime saison de la série qui, à force de zapper d’époque en époque, s’arrêtera sur une fin bouleversante mais qui a laissé beaucoup de fans sur leur faim. 

Sur le dernier plan du dernier épisode de la série est écrit que le Dr Sam Beckett n’est jamais rentré chez lui … 

Peut-être, qui sait, un jour, il reviendra.  

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