Jusqu'au 20 mars, chaque semaine, en clin d’œil aux élections municipales, petit voyage à travers villes et villages des séries télévisées. Et pour ce 2ème épisode, direction Walnut Grove qui restera dans les annales de l'histoire de la télévision. Mais qui se cache dans les petites maisons de la prairie ?

 La petite maison dans la prairie
La petite maison dans la prairie © Getty / Michael Ochs Archives

Direction Walnut Grove, petit village fondé en 1840. C’est du moins ce que l’on apprend lors d’un épisode de la saison 5 de La petite maison dans la prairie qui raconte la vie de la famille  Ingalls. Charles, Caroline, leurs enfants Marie, Laura et Carrie et leur chien Jack arrivent à Walnut Grove à bord de leur chariot, en 1874 soit quasiment un siècle avant la création de la série et la toute première diffusion de son mémorable générique en mars 1974 sur NBC et en décembre 1976 sur TF1. Une musique qui est encore dans les mémoires des téléspectateurs du monde entier et qui fut écrite par David Rose, un compositeur réputé à Hollywood, par ailleurs premier mari de Judy Garland, la petite fille du Minnesota, girl next door du film Le Magicien d'Oz.  

Dans un premier épisode, après avoir quitté leur Wisconsin natal, la famille de pionnier tente sa chance dans les grandes prairies du Dakota. Isolée en terre indienne, avec pour unique voisin ce satané Mr Edwards, la famille de Laura est obligée de reprendre la route, le cœur au ventre et les larmes aux yeux. Heureusement,  plus loin, dans le Minnesota, ils découvrent un coin charmant, Plum Creek et un village : Walnut Grove.

Le jour de l'installation, Laura, la petite féministe qui crache comme un trappeur, peut se réjouir. Son père Charles et Lars Hanson, le fondateur de la ville, viennent de conclure l’affaire de leur vie : les Ingalls s’installeront bel et bien à Walnut Grove - que l’on pourrait traduire en français par Bois des noyers ou Noisy le bois !

Si dans le livre écrit par la véritable Laura Ingalls Wilder, la petite famille ne passe que quelques temps à Walnut Grove, dans la série, ils seront plus sédentaires. Et s’ils tentent à plusieurs reprises leur chance en ville - et même comme chercheurs d'or à Deadwood - ils reviennent toujours à Walnut Grove, petite démocratie idéale dans la prairie

Mais quels citoyens et citoyennes engagé.es se cachent donc dans les petites maisons de Walnut Grove ?

Si les habitants sont d’abord des petits propriétaires qui cherchent à tirer le meilleur profit de la terre avec le soutien de la bonté divine, à Walnut Grove,  on est beaucoup plus que ça.

Certes, l’esprit de dieu est là dans chaque épisode – cette série est créée par Michaël Landon, judéo par son père et chrétien pas sa mère – mais ce qui est surtout omniprésent c’est l’esprit d’entraide, la défense du bien commun … Même si, chez la capitaliste du coin, Mme Oleson, la générosité n’est pas innée.

Heureusement dans la petite utopie dans la prairie, Mme Oleson est minoritaire car à Walnut Grove on ne voit pas d’un très bon œil le capitalisme triomphant. 

Dans un épisode, Charles se fait le porte-parole des petits paysans face aux lobbys dans une réunion syndicale à Chicago et dans un autre, Caroline lutte avec son restaurant contre la malbouffe et une chaîne de restauration qui ressemble fort à Mac Do, KFC et Burger King. Et vers la fin de la série, leur fille Laura, devenue jeune écrivaine, claque la porte d’un journal qui pour vendre du papier privilégie le sensationnel au poétique. 

Logiquement, quand il s’agit de s’opposer à un certain Monsieur Lassiter, un magnat  qui veut mettre la main sur Walnut Grove, la communauté entière se serre les coudes. Et Charles en premier lieu entre dans la bagarre pour défendre sa ville et ses valeurs. Dans cette lutte finale, les habitants vont prendre une décision terrible détruire leur village : ses maisons, son magasin général, sa scierie et même sa petite église. Un moyen pour Michael Landon de s’assurer aussi que les décors de sa série idéale ne seraient jamais réutilisés à mauvais escient par les studios à Hollywood. 

Walnut Grove n’est donc plus, mais son esprit demeure, ainsi soit-il ! 

Et pour en savoir plus jetez une oreille sur les chroniques L'Effet Miroir dans Une Heure En Séries sur La Petite maison dans la Prairie Part 1 et Part 2 ou encore l'excellent Blockbuster de Frédérick Sigrist consacré à la série ! 

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