En cette année 2020 de la BD en France - avec l'actualité, on l'avait presque oublié - une faim de série gourmande autour de la belle et longue histoire qui lie série télévisée et bande-dessinée !

"The Walking Dead" : Andrew Lincoln, Norman Reedus dans la saison 3 dans la série
"The Walking Dead" : Andrew Lincoln, Norman Reedus dans la saison 3 dans la série © AMC

Comme en témoigne le succès depuis une dizaine d'années de The Walking Dead, une série adaptée d'une bande dessinée post-apocalyptique de 2003 et l'arrivée, sur la chaîne TNT aux États-Unis et sur Netflix en France de Snowpiercer, prolongement en série du film de Bong Joon Ho mais surtout de la BD française, Le Transperceneige publiée chez Casterman, la BD et les séries s’accommodent plutôt bien. 

Éditée dans un premier temps en feuilleton dans la revue bien-nommée, À Suivre et que Snowpiercer de Lob, Legrand & Rochette revienne par la case télé, cela est assez logique. Est-ce pour le bien ou pas de l'oeuvre originale ? C'est un vrai débat, on en parle notamment dans Une Heure en Séries, samedi 30 mai de Xavier Leherpeur dans laquelle on évoque aussi dans L'Effet miroir, un précédent, Jeremiah, la BD du belge Hermann qui a connu une version télé en série avec Luke Perry en 2002.

Quoi qu'il en soit, ce retour en série télé de la BD Le Transperceneige vient démontrer une nouvelle fois la force d'attraction audiovisuelle que porte en elle la bande dessinée. 

BD et séries : une histoire qui ne date pas d'hier ! 

Les liens entre la BD et le petit écran ne sont pas nouveaux, c’est même une longue histoire qui remonte au début de la télévision. Aux États-Unis, la télé qui adapte toutes les formes de récits populaires (les feuilletons à l'eau de rose de la radio - les soap opera - les polars littéraires, les serials de cinéma, les récits pulps publiés dans la presse) s’intéresse assez logiquement au comics book. Il y aura tout de suite Superman dans les années 50 et puis plus tard Batman et même Spiderman.

La série Batman avec Adam West arrive en télé en 1966 puis quelques mois plus tard dans un long-métrage au cinéma dans une version forcément décalée. Dans la série comme dans le film, les comédiens en costume se bagarrent avec humour à coup de Powe, Zok, Bam, Blap, Biff et Oof. Le second degré et les onomatopées dessinées viennent remplacer ce que les effets spéciaux n’avaient pas encore inventés !

À la fin des années 70, au même moment que Wonder Woman ou L’incroyable Hulk, la première adaptation de The Amazing Spiderman avec un comédien en chair et en os n'est pas la plus grande des réussites. Et à voir cette série trop sérieuse et assez courte peu connue en France - seuls quelques épisodes ont été remontés et distribués pour le cinéma chez nous - on se dit que sa version en dessin-animé, 10 ans plus tôt, en 1967 était plus convaincante. Son générique d'ailleurs est resté dans les mémoires ...

"L'araignée, l'araignée, c'est un être bien singulier, dans sa toile, il attend d'attraper les brigands ! En garde car l'Araignée est là !"

En France, la BD intéresse aussi l'ORTF qui après avoir adapté en série les grands classiques de la littérature met le turbo sur la BD franco-belge avec, la même année 1967, Michel Vaillant mais surtout deux mauvaises têtes et gentils garçons. Tanguy et Laverdure décollent sur une musique de François de Roubaix ou une chanson de Johnny dans un bruit de tonnerre dans Les Chevaliers du Ciel une série en 3 saisons et 39 épisodes.  L'oeuvre dessinée de Charlier et Uderzo passe de la case à l'écran avec toujours Charlier au scénario. Ce dernier glisse assez peu d’éléments des BD déjà parues dans la série, en revanche, certaines des histoires développées à la télé seront reprises dans d’autres albums ultérieurement. 

Car la télé a aussi influencé la BD

Dans les années 70/80, par exemple, Télé Junior, une maison d’édition française qui fleure bon le produit dérivé, réinvente les histoires des héros des après-midi télévisuels en version dessinée, Les Mystères de l’ouest, Chapeau melon et bottes de cuir, Super Jaimie, Les Brigades du Tigre même Les Drôles de dames passeront ainsi du petit écran aux rayons BD des kiosques à journaux. 

Aujourd'hui, ça continue encore, en attendant son prolongement au cinéma, Alexandre Astier depuis presque 14 ans poursuit la série Kaamelott, sa grande oeuvre télévisuelle, en album chez Casterman. Un peu comme quand Joss Whedon, grand amateur de comics, n'a pas lâché Buffy contre les vampires et l'a développé en BD après l'arrêt de sa série avant de revenir à nouveau à la télé en adaptant l'univers des comics Marvel dans Les Agents du Shield. La boucle ... ou la bulle est bouclée.

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