Bruno a regardé, sur TF1, le journal de 13 heures, puis celui de 20 heures. Il en est arrivé à une conclusion qui l'a un peu fait tousser : sur la première chaîne, un jour de pollution, bien choisir son Pernaut, c’est pas du gâteau…

À 13h sur TF1 : Jean-Pierre Pernault

Ça s’est passé en pleine journée de températures anormalement douces pour la saison, Jean-Pierre Pernaut a démarré son journal… tout guilleret : « Mesdames et Messieurs bonjour, incroyable, les températures continuent à grimper ». 

Seulement voilà, très vite, il s’est un peu tendu, à cause … de la pollution. Mais attention, si JPP s’est énervé, ce n’est pas à cause de la multiplication de ces foutus épisodes qui provoquent, chaque année, la mort prématurée de 48 000 personnes dans notre pays. Non, c’est à cause de celles que l’on tient pour responsables de l’augmentation de cette pollution : les bagnoles. Alors ? Et bien alors Jean-Pierre nous a montré une carte de l’Europe, un peu sibylline,  (y’avait du rouge en Allemagne et à Paris mais c’était vert entre les deux) puis il a dit : « Et regardez, cette pollution vient comme d’habitude du nord de l’Allemagne : un anticyclone, pas de vent, pas d’éoliennes là-bas, donc on fait marcher les centrales thermiques et les industries tournent à plein donc ça pollue. »

Voilà, d’après John-Peter donc, si le taux de particules fines explose -à Paris, et pas à Reims ou à Compiègne - c’est pas la faute aux bagnoles, c’est à cause… des Allemands. Et c’est pour ça qu’il a bien rigolé en expliquant qu’Anne Hidalgo avait décidé de limiter la circulation : « Conclusion : la mairie de Paris a décidé d’interdire tout simplement demain la circulation aux véhicules les plus polluants, même si la pollution vient d’ailleurs. ». 

Et qu’il n’a pas hésité à nous en remettre une petite couche, pour le cas où on n’aurait pas pigé du premier coup : « Haro sur les voitures et on a vu dans la carte européenne que la pollution ne vient pas du tout de là ».

Voilà donc ce que j’ai entendu, mardi à 13 heures. 

À 20h sur TF1 : Pierre Pernot

Le problème, c’est qu’en regardant, le même jour et sur la même chaîne, le journal de 20 heures cette fois, et bien j’ai eu la curieuse sensation que l’équipe du soir avait été chargée de rectifier les propos de Jean-Pierre Pernaut. Pourquoi ? Et bien d’abord parce que le reportage consacré au pic de pollution a débuté par ces mots : « Pour comprendre cette pollution, prenons un peu de hauteur ». 

De la hauteur de vue, comme si certains en manquaient… Le reporter a eu la bonne idée d’embarquer à bord d’un ballon captif, de se hisser à 150 mètres du sol, pour faire tourner sa caméra en plein cœur de la merdasse en suspension, et surtout, surtout, d’emmener avec lui un ingénieur d’Airparif, un certain Pierre Pernot, je vous jure que je n’invente rien, Pierre Pernot qui lui a expliqué : « à l’horizon, vous voyez en fait l’accumulation des particules. Elles sont dues aux émissions de polluants de l’agglomération parisienne et notamment au trafic routier ».

Voilà alors dans cette phrase, y’a quatre mots importants : « agglomération parisienne », qui s’oppose formellement à « l’Allemagne » citée dans le 13 heures. Et « trafic routier » qui, en français comme en allemand, signifie « voitures ». 

Alors, Jean-Pierre Pernaut à 13 heures, ou Pierre Pernot à 20 heures, il faut choisir

Mais au moment où toutes les chaînes inventent de nouvelles rubriques pour démonter les fausses informations, et où elles traquent volontiers les infox et les raccourcis scabreux sur les réseaux sociaux, quelque chose me dit que, sur TF1, l’équipe du 20 heures n’a qu’à regarder son propre 13 heures pour en débusquer les plus splendides spécimens.

  • Légende du visuel principal: Jean-Pierre Pernault sur TF1 © Maxppp / Le Parisien
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