En plus d’avoir cinq fois plus de boulot qu’auparavant, et bien elle ne maquille pas toujours les bonnes personnes ! Les explications de Bruno Donnet.

C’était pas sa semaine, parce que jusqu’à des temps relativement récents, maquilleuse, au JT, c’était un travail hyper pénard qui consistait à s’occuper d’une seule et unique personne : le présentateur du journal. En gros, PPDA, David Pujadas, Gilles Bouleau ou Anne-Sophie Lapix déboulaient vers 19h50 et à 20h, hop, la maquilleuse pouvait remballer ses pinceaux, elle avait terminé sa journée.

Seulement voilà, depuis la rentrée, fini la planque, la maquilleuse du JT a désormais un boulot de dingue, car figurez-vous que les grands chefs à plumes de la télé, ont décidé de recourir, beaucoup plus massivement qu’avant, à un artifice qui permet de donner du rythme et l’illusion de la richesse à leur journal : faire venir, physiquement, sur le plateau, les uns après les autres, une ribambelle de journalistes, afin qu’ils nous donnent des… explications. Auparavant, toutes les infos étaient fournies dans les reportages, et bien maintenant, c’est terminé, après les sujets on a droit à… un éclairage supplémentaire.

Alors ? Et bien alors, lundi, par exemple, la maquilleuse du 20 heures, de TF1, a ainsi du s'occuper de Julien Roux, grand connaisseur de rentrée scolaire. 

Mais elle a également du effacer les cernes de Jean-Marie Bagaïoko, qui était venu nous dire combien coûte le nouveau maillot de foot des bleus. Puis elle s’est tapée de repoudrer le nez de ce cher Christophe Jackubizyn, LE spécialiste ès politique de la chaîne. 

Et comme c’était vraiment pas sa semaine à la maquilleuse du JT, devinez un peu ce que Gilles Bouleau a promis à Christophe sitôt son intervention terminée.

Voilà, et pendant ce temps-là, sur la chaîne d’en face, et bien le sort de la maquilleuse du 20 heures… de France 2, n’était guère plus enviable, puisqu’en plus d’Anne-Sophie Lapix, elle a également dû peinturlurer le spécialiste de la consommation des ménages, celui de la politique étrangère, et celle de l’économie.

Voilà, alors si je suis venu ici ce matin Sonia vous dire que c’était vraiment pas la semaine de la maquilleuse du JT, c’est pas seulement pour alerter sur le fait qu’elle est désormais soumise à des cadences infernales. 

C’est aussi pour vous faire remarquer qu’en plus d’avoir cinq fois plus de boulot qu’auparavant, et bien elle ne maquille pas toujours les bonnes personnes ! Pourquoi ? Et bien parce que ceux qui sont responsables du contenu des JT sont absolument convaincus que les sujets majeurs, sont forcément des sujets politiques, économiques ou qui concernent la consommation. C’est la raison pour laquelle les journalistes qui sont dépêchés, en plateau, sont systématiquement des experts de ces questions-là et que la culture ou l’environnement, sont non seulement très largement sous-traités mais jamais, absolument jamais… incarnés ! Cette semaine par exemple, le grand sujet d’actualité aura été le remplacement de Nicolas Hulot au ministère de l’environnement. Et bien savez-vous à qui ce dossier a été confié ?

Aux journalistes politiques et à eux seuls ! Et pourtant, on aurait parfaitement pu choisir un traitement environnemental à ce sujet et proposer un éclairage sur les chantiers urgentissimes à réaliser pour sauver la planète. 

Mais non, tout a été anglé sous l’unique prisme de la crise… politique. Comme si la crise écologique ne méritait pas d’avoir, elle aussi, des experts et des visages. Bref, vous l’aurez compris Sonia, la maquilleuse du JT a eu une rude semaine, et devant l’inflation galopante de bobines en plateau, qui non contentes de n’offrir strictement aucune plus-value, ne sont pas toujours bien choisies, elle a proposé, comme Anne-Sophie Lapix, que l’on opte pour une solution… totalement radicale, à l’égard de tous ces journalistes dont on nous inflige une présence uniquement cosmétique :

On leur rentre dedans et on les bute !

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Une mauvaise journée pour les maquilleuses des JT, overbookée © Getty / Image source
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