Juste après le discours d’Emmanuel Macron sur l’épidémie de Coronavirus, Bruno Donnet a été pris d’une très violente poussée de fièvre, à cause… d’une publicité découverte sur Twitter...

Une pub d’une dégueulasserie absolue pour une poudre de perlimpinpin homéopathique. Une pub que je vais vous raconter dans un instant. Mais d’abord, et pour que, tout comme moi, vous en saisissiez parfaitement la nature délicieusement immonde, il faut que je commence par vous donner quelques éléments de contexte.

Alors voilà, hier soir, à l’instant où le président de la République chopait la nation toute entière, droit dans les yeux, pour lui annoncer que, finalement, le Coronavirus, ça serait pas de la p’tite bière :

« Cette épidémie (…) est la plus grave crise sanitaire qu’ait connu la France depuis un siècle. »

Au moment où notre président, privatiseur de la Française Des Jeux et qui sait, prochainement, d’aéroports, redécouvrait les mérites du service public :

« Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il ait des biens et des services qui doivent être placés en dehors de des lois du marché. »

Bref, au moment où je comprenais que ça allait barder méchamment et qu’il allait falloir trouver un pognon de dingue et des milliers de lits d’hôpitaux pour soigner tous ceux qui vont tomber gravement malades, j’ai réalisé que le Coronavirus avait eu une vertu : il avait réussi à éclipser totalement le débat sur… la fin du remboursement de l’homéopathie. Et si j’ai pensé à ça Sonia, c’est parce que mercredi, j’ai vu dans le 20 heures de France 2, un court reportage qui disait ceci :

« C’est le numéro 1 mondial de l’homéopathie, le laboratoire Boiron a annoncé qu’il allait supprimer 646 postes, soit ¼ de ses effectifs en France »

Le laboratoire Boiron est dans la panade, mais, le sujet aura été bouclé en 1 minute 30, pas plus, avec pas la moindre polémique à la clef, tout simplement parce que quand on en est à chercher des plumards de réanimation, de l’argent public pour les financer et un traitement contre un virus qui menace la planète toute entière, on se dit… qu’effectivement, le déremboursement des p’tites bibilles en sucre qui n’ont jamais démontré leur efficacité, ça peut attendre.

J’en étais donc là de mes réflexions, lorsque j’ai eu la très mauvaise idée d’aller tapoter « homéopathie », sur Twitter. Très mauvaise idée car c’est ainsi que  je suis tombé sur cette pub qui m’a rendu complètement dingue. Figurez-vous qu’un laboratoire qui a pour nom « Homeogum » a twitté ceci :

« En action ou en prévention, IMMUNUM VITAL du laboratoire Homeogum participe à la protection de vos défenses immunitaires contre  le coronavirus 2019 » !

Oui oui, vous m’avez bien entendu et vous pouvez même aller vérifier ce que je vous dis, immédiatement, car à la minute à laquelle je vous parle, ce tweet est toujours disponible. Un laboratoire prétend donc qu’ « en action ou en prévention » le bidule homéopathique qu’il commercialise peut nous « protéger contre le coronavirus » !

Alors découvrir ça pile la semaine où YouTube et Facebook ont annoncé qu’ils interdisaient tous les contenus susceptibles de promouvoir les profiteurs de crise. Au moment où même Le Bon Coin a retiré toutes les annonces pour des masques de protection ou du gel hydro-alcoolique, pour empêcher la spéculation, j’ai trouvé ça d’un cynisme chimiquement pur.

Et ce qui permet ça, vous le savez Sonia, c’est que contrairement aux pubs qui sont diffusées à la télévision, ou à la radio, il n’y a pas, sur les réseaux sociaux, de bureau de vérification de la publicité. Sur Tweeter, par exemple, pour qu’un contenu soit supprimé, il faut qu’il soit signalé, dénoncé par des internautes choqués et surtout… nettement plus vigilants que ceux qui ont pourtant la responsabilité de publier de tels contenus sur leurs plateformes! 

Étonnant avatar de la modernité, où pour se prémunir du charlatanisme et du mensonge, c’est désormais la pub… qui nous réclame

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