Ce matin, Bruno a choisi de revenir sur la belle histoire de la semaine : une affaire de retrouvailles, diffusée lundi dans le 20 heures de France 2, qui en dit long sur la puissance dont disposent encore les J.T…

Oui, en pleine semaine de 70ème anniversaire du journal télévisé, difficile de passer à côté de cette merveilleuse épopée. 

Alors l’histoire, je vous la résume si vous l’avez ratée, c’est celle des retrouvailles entre un vétéran américain : K.T. Robins et une française, Jeannine Ganay, 75 ans après qu’ils se sont aimés, puis séparés… à leur corps défendant, pour cause de fin de la guerre et de retour du soldat de l’autre côté de l’Atlantique. 

Une histoire bouleversante qui tient, d’abord, au flair journalistique exceptionnel d’une femme : Agnès Vahramian, la correspondante de France 2 aux Etats-Unis, qui, alors qu’elle était partie pour réaliser un simple portrait du vétéran, a été alertée par… une image :

« Au milieu de ses albums souvenirs, nous découvrons la photo de la jeune Française »

Une photo qui lui a immédiatement donné une idée :

« What’s her name ? Quel est son nom ? Jeannine Ganay. Elle s’appelle Jeannine Ganay »

Tenter de retrouver Jeannine Ganay, 75 ans après la guerre !

« Une photo, un nom de famille et de village. Depuis les Etats-Unis nous appelons en Meurthe et Moselle et nous retrouvons Jeannine »

Pari gagné car à 92 ans, Jeannine est toujours vivante. Elle a encore toute sa tête, et n’a jamais oublié, elle non plus, son grand amour de jeunesse. Restait alors à conduire K.T. Robins, invité à commémorer l’anniversaire du débarquement en Normandie, à faire un petit crochet par la  Meurthe-et-Moselle et à laisser tourner la caméra au moment des retrouvailles :

« C’est tellement merveilleux de te revoir ... ça va ? J’en ai les larmes aux yeux »

La séquence est d’une émotion folle, on apprend qu’ils ont chacun de leur côté, fondé une famille, eu des enfants, mais qu’ils sont maintenant veufs, tous les deux, et qu’ils n’ont jamais, absolument jamais, cessé de penser l’un à l’autre :

« Je t’ai toujours aimé, toujours. Tu n’as jamais quitté mon cœur. Il dit qu’il m’aime. J’ai compris ça. Moi aussi, j’ai toujours pensé à lui, en disant peut-être qu’il est là, peut-être qu’il va revenir. »

Depuis lundi, ce reportage a été vu plus de 5 millions de fois sur les réseaux sociaux. Il a été diffusé par le journal télévisé belge, dont la présentatrice, bouleversée, a eu le plus grand mal à reprendre l’antenne :

« Pardon, et voilà donc pour ce superbe moment… excusez-moi… ça arrive, en direct… donc un beau moment que l’on doit aux équipes de France 2 »

Et il est même arrivé jusqu’aux Etats-Unis, où une chaîne de télé espère maintenant une suite à cette histoire :

« K.T. Robins est rentré aux Etats-Unis. La télévision locale a filmé son arrivée à l’aéroport. Tous ici espèrent que Jeannine viendra le voir à Memphis »

Alors qu’est-ce que nous dit cet émouvant morceau de bravoure ? Eh bien il montre que le journal de 20 heures est, encore, une machine ultra puissante capable de susciter un retentissement planétaire. Seulement voilà, il dit, aussi, qu’il faut pour ça du talent, une capacité à savoir créer l’événement plutôt qu’à le suivre et surtout qu’il faut des moyens, beaucoup de moyens. Car avoir un correspondant aux Etats-Unis ça coûte cher, dépêcher deux équipes pour réaliser un reportage, (une de chaque côté de l’Atlantique), c’est onéreux, mais, ça peut s’avérer extrêmement payant et c’est pour nous, infiniment précieux. Une réflexion sur laquelle pourrait, peut-être, méditer l’état-major de TF1 qui a pris, avant-hier, la décision de fermer son bureau à Jérusalem (après 38 ans de service). Et celui de France Télévisions qui, parce que le gouvernement lui demande d’économiser 400 millions d’euros, excusez du peu, ne cesse de réduire les budgets alloués à l’information… et aux reportages.

  • Légende du visuel principal: Les retrouvailles de K.T. Robins et Jeannine Ganay © France 2 / capture d'écran
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