Cette semaine Bruno s'est intéressé à la stratégie médiatique mise en œuvre par le gouvernement pour tenter de contrer la colère des gilets jaunes. Et il a eu la curieuse sensation d’assister à un épisode des Shadoks…

Disons-le franchement, cette semaine, le macronisme aura été à la communication ce que les Shadoks furent à la logique : une énigme. 

Et pourtant, les choses n’avaient pas si mal commencé : invité de la matinale de RTL, le premier ministre avait dit très clairement :

« Non, on ne va pas annuler les hausses de carburant. »

Une position… audacieuse, dont il avait même justifié la raison :

« C’est un des moyens de lutter contre les émissions de gaz à effets de serre, contre le réchauffement climatique. »

Voilà, en terme de logique… ça se tenait : le premier ministre disait simplement « non » à tous ceux qui, comme Claude Piéplu l’avait parfaitement résumé avant lui, auraient voulu continuer à réchauffer la planète, en pompant, sans que leurs passages à la pompe ne les mettent sur la jante :

« Ce qu’il leur fallait, c’était le moteur à pomper perpétuel qui, non seulement ne s’arrêtait jamais, mais qui n’aurait besoin de rien pour marcher. Et ceci jusqu’ad vitam eternam et même plus, si possible ! »

Bref, c’était simple à comprendre, seulement voilà, tel un Shadok devant une armée de Gibis en colère, le premier ministre s’est dit que… finalement :

« Plus ce sera compliqué, plus ça aura de chance de marcher »

Alors ? Alors il a changé son fusil d’épaule et inventé une incroyable usine à gaz qui prévoit que, tout compte fait, vu que la planète se réchauffe, on versera des indemnités kilométriques aux automobilistes… à une condition :

« Être un gros rouleur »

C’est-à-dire, faire partie de ceux qui réchauffent le plus ! Autant vous le dire tout net, là… niveau logique :

« Et bien c’est raté. »

Et c’est même plus que raté car ça donne le sentiment que le gouvernement a de la logique et des syllogismes, une compréhension infiniment Shadokienne. Alors un syllogisme Sonia, vous savez ce que c’est, c’est une déduction irréfutable, du genre : les hommes sont mortels / Je suis un homme / Donc, je suis mortel. Appliqué à la bagnole ça pourrait donner la formule suivante : le gasoil est mortel / la voiture roule au gasoil / donc la voiture est mortelle. Mais, le problème, c’est que 

« Tous les chats sont mortels. Socrate est mortel. Donc Socrate est un chat. »

C’est fabuleux ! Voilà pour Edouard Philippe. Quant à Emmanuel Macron ? Et bien il a été au moins aussi inspiré que son premier ministre. Vous savez que les français lui reprochent, parait-il, d’être trop éloigné des réalités et de la terre ferme.  Du coup, devinez un peu à quel endroit il a choisi de convier TF1 pour donner une interview, dans le 20 heures ?

« jamais les français n’ont payé autant d’impôts et de taxes, plus de mille milliards d’euros. »

Et tandis qu’Emmanuel Macron lui répondait que les impôts servaient, d’abord, à financer l’école et l’hôpital, que voyait-on plein cadre, à l’image, derrière lui ? Des avions de combat, c’est-à-dire des engins supers chers, payés et entretenus avec l’argent des impôts, pour faire la guerre… si un jour y’en a une :

« Bonjour tristesse et salut la cohérence »

Alors voilà, il y a dans la pensée Shadok un merveilleux proverbe qui prétend que : « plus ça rate, plus il y a de chances que ça marche ». Souhaitons que ce soit également vrai… en matière de communication politique car pour l’instant, le gouvernement est loin, très loin, d’avoir fini de pomper.

Bonne journée !

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