On nous le répète depuis notre plus tendre enfance : copier, pomper sur son voisin… ça ne se fait pas ! Seulement voilà, si ça ne se fait pas… à l’école, à la télévision en revanche, ça se pratique tout à fait gaiement et ça n’a l’air de ne déranger absolument personne.

Parce qu’une émission comme Faites entrer l’accusé, par exemple, a rencontré un franc succès… vous avez désormais des programmes consacrés aux « faits divers »… sur absolument toutes les chaînes. 

On pompe allègrement des concepts d’émissions, mais on peut copier, aussi, des petites mécaniques narratives, parce qu’elles apportent une nouveauté, ou une plus-value. 

Et, figurez-vous qu’en regardant, dimanche, sur M6, le tout premier numéro de 

Voilà, je me permet d’interrompre une première fois ce sujet qui va reprendre dans quelques instants.

Il a arrêté un reportage en plein milieu de sa diffusion, pour poser une question à quelqu’un qui se trouvait avec lui, en plateau. Or, ce principe-là, et bien Julien Courbet l’a piqué… à Karim Rissouli, (qui soit dit en passant l’a lui-même emprunté à Paul Amar, qui l’avait initié dans une émission de Paris Première baptisée Recto-verso). Karim Rissouli, vous disais-je, présentateur de l’impeccable C Politique, sur France 5, qui, au beau milieu des reportages, les interrompt donc, comme ceci… depuis maintenant 3 ans : "Allez on fait une première pause Camille".

Voilà, seulement attention : quand sur France 5 Karim Rissouli interrompt un sujet, c’est pour permettre, notamment, à la chroniqueuse politique de venir délivrer « des informations qui sont confirmées en off par les députés. »

Du off, c’est-à-dire une information… en plus qui n’aurait pas pu figurer dans le reportage, précisément parce qu’elle lui a été confiée sous le sceau de l’anonymat.

Mais, sur M6, quand Julien Courbet arrête les images… et bien c’est uniquement pour des raisons cosmétiques et ça n’apporte strictement aucune plus-value. Jugez plutôt : dimanche dernier, Capital était consacré… aux « déstockeurs », des supermarchés qui "massacrent les prix" et réussissent à nous vendre de la nourriture beaucoup moins chère que dans les grandes enseignes… parce qu’ils récupèrent de la marchandise que Leclerc, Carrefour ou Auchan ont refusé d’accepter au moment où elle leur était livrée. 

Et comment se fait-il que cette marchandise peut être refusée ? Et bien la réponse était apportée… une première fois par une camionneuse interviewée dans le reportage : « Alors on peut refuser la marchandise parce qu’elle arrive trop en retard chez le client ou alors que la marchandise a un défaut ». Mais également… par la fameuse « voix off de Capital » qui nous répétait, 30 secondes plus tard, la même chose, une deuxième fois : « Un carton abîmé entraîne le refus de toute la palette ou pire : une simple heure de retard et c’est carrément toute la livraison qui peut être refusée »

Voilà, impossible donc, sauf à être totalement décérébré, de ne pas avoir saisi que c’était en cas « de retard », ou « de produit abîmé » qu’on pouvait refuser la marchandise. Sauf que… sauf que, et bah quand Julien Courbet a interrompu le reportage pour donner la parole à son invité, qu’est-ce qu’il nous a livré comme information capitale : « Il y a en général trois raisons pour refuser la marchandise : le produit qui serait abîmé ». Il nous a répété une troisième fois la même info ! 

Et voilà comment, grâce à Julien Courbet, on sait désormais que si notre prof de maths nous interdisait de pomper sur notre voisin, c’est parce que copier un résultat, même lorsqu’il est bon, ne permet pas de comprendre le raisonnement qui va avec. CQFD… et bonne journée !

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