Bruno s'intéresse à un sujet brûlant d’actualité. Il nous a déniché dans les archives du journal télévisé, un reportage d’août 1975, dans lequel il était déjà question de canicule, de canicule… et de bière.

Mon sujet de ce matin aurait pu s’appeler « un dernier pour la route » mais, par souci de modération, on le résumera à la question suivante : est-ce que c’était mieux avant… le traitement de la canicule dans les J.T ?

Seulement voilà, autant vous prévenir tout de suite, comptez pas sur moi pour vous apporter une réponse absolument catégorique car le document d’archive sur lequel j’ai mis la main, m’a laissé totalement ivre… ivre de circonspection bien entendu et je vais vous expliquer pourquoi dans un instant.

Mais d’abord, nous serons certainement tous d’accord ici pour en convenir : toute cette semaine, la télé nous a rebattu méchamment les oreilles avec… la météo. « Chaleur ressentie » par-ci, conseils à la con pour se rafraîchir par-là, impossible d’échapper au plan serré sur le thermomètre qui affichait 40 degrés Celsius ou au reportage sur le couvreur… qui n’en bave, mais qui commence plus tôt le matin parce qu’il y fait plus frais qu’à midi. Bref, c’était épouvantablement convenu (en un seul mot), mais, était-ce pour autant mieux… avant ? 

Eh bien je l’ai cru, en regardant la première moitié (ou plutôt devrais-je dire « le premier demi ») d’un sujet diffusé, vous l’avez dit Dorothée, en août 1975. Sauf que, sauf que la fin (le deuxième demi) m’a laissé littéralement… sur le séant.

Alors j’vous raconte : ça se passe dans le Nord-Pas de Calais, il y fait exceptionnellement chaud pour la saison et la vedette du reportage est donc, déjà à l’époque, le thermomètre :

« Depuis presque une semaine, le thermomètre va et vient autour des 30 degrés, il a même taquiné les 33 degrés, sous abri, du côté de Cambrai. »

Comme aujourd’hui, le journaliste s’interroge :

« Mais qu’est-ce qu’on peut bien faire pour se rafraîchir ? »

Seulement voilà, Alleluia, au lieu de nous recommander de ne pas faire de jogging entre midi et deux, le reporter choisit… un angle. Une excellente question : à qui profite la canicule ?

« Il est des gens heureux en ce moment : les patrons de bistrots »

Et comme il s’agit d’un sujet régional, le type décide de resserrer son angle et de s’intéresser à l’un des fleurons du Nord :

« La bière étant la boisson préférée de la région, on en boit quand même »

La bière, nous y voilà. Suivant scrupuleusement son fil… et son enquête, l’auteur du reportage interroge donc un bistrotier pour savoir… combien qu’on boit de gueuses en période de canicule :

« Habituellement, on en boit 1, on en boit 2. Bah maintenant, on en boit 3 ou on en boit 4 quoi »

Et… et c’est à ce moment-là que tout bascule mes enfants car le reportage se transforme en plaidoyer pro-domo pour… la picole ! Le journaliste commence par illustrer ses images avec une chanson totalement incantatoire :

« Vive la bière ! Avec une bonne crème, une mousse au-dessus, tant qu’il y en aura dans le fût, chantons turlututu ! »

Avant de craquer littéralement, en vantant l’innocuité totale de la bière :

« Et puis la bière, ce n’est pas mauvais pour la santé, à condition d’être raisonnable bien sûr »

Ecoutez bien, la phrase que va prononcer ce garçon pour nous rappeler à quel niveau se situe le seuil du… raisonnable car on frise le génie :

« Le comité national de défense contre l’alcoolisme dit même qu’on peut en boire jusqu’à 1 litre et demi sans danger pour la santé »

Voilà, 1 litre et demi de binouze dans le cornet, garanti sans danger pour la santé !

Alors est-ce que c’était vraiment mieux… avant ? Je ne sais pas Dorothée, la seule chose que je puis vous dire, c’est qu’en matière de sujets canicule, comme en matière d’archives, je recommande à tout le monde de lever pied et le coude… avec modération.

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