La moitié des personnes interrogées pendant une étude, n'est pas influencée par la météo. Mais l'autre ? Le temps qu’il fait, qu’il a fait ou qu’il va faire ! Hors actualité brûlante, c’est le sujet de conversation numéro 1 entre les humains.

Météo sensible ou pas ?
Météo sensible ou pas ? © Getty / Christoph Hetzmannseder

Et sans doute depuis longtemps : c’était très important à l’époque où nous vivions dans des abris rocheux ou des cabanes peu étanches et peu chauffées, à l’époque où l’essentiel de nos activités se déroulaient en plein air. 

Le temps qu’il faisait pesait alors totalement sur nos activités quotidiennes.

Mais ça reste aussi le cas aujourd’hui, alors que nos maisons - quand on a la chance de ne pas dormir à la rue, nos maisons sont confortables et nous protègent des aléas du climat, alors que nous avons toute une garde-robe de vêtements nombreux et adaptés, et surtout alors que les bulletins météo font partie des programmes parmi les plus écoutés tous médias confondus et que nous savons tout sur la météo du jour avant même d’avoir mis le nez dehors.

Pourquoi revenons-nous alors inlassablement sur le thème du temps qu’il fait ?

D’abord parce que, tout simplement, nous vivons sous le même ciel et au même endroit que les gens que nous croisons. Ensuite, parce que c’est un sujet simple, et assez consensuel, accessible à tous sans distinction de diplôme ou de milieu social…

Et peut-être aussi, enfin, parce que, tout de même, nous avons l’impression que c’est important, que cela joue grandement sur nous : le beau temps nous permet un beau moral, le sale temps nous met le moral en berne…

Mais est-elle fondée cette relation entre le climat et le moral ? 

Subjectivement oui, pour la plupart d’entre nous ; mais notre subjectivité nous dit aussi que la Terre est plate, que si elle était ronde, nous tomberions, alors… En réalité, les études scientifiques ont plutôt du mal à mettre ces effets en évidence, et montent qu’ils sont réels chez certaines personnes, mais globalement, plutôt faibles. 

Ainsi, selon une étude néerlandaise, conduite pendant 1 mois auprès d’environ 500 adolescents, il semble exister 4 grandes familles de personnes : les plus nombreux, environ 50%, sont globalement peu sensibles au temps qu’il fait et peu influencés par lui ; et puis 3 autres familles y sont par contre plus sensibles :

  • les summer-lovers (qui se sentent mieux quand il fait chaud et sec) ; 
  • les summer-haters (qui sont mal quand il fait chaud et sec) ; 
  • et les rain-haters (mal quand il pleut, humide et gris).

Sans doute est-ce comme cela qu’il faut étudier l’impact de la météo, sur des échantillons de populations spécifiques. 

Par exemple, chez personnes fragiles : 

  • On retrouve plus de décompensations de maladies bipolaires quand il fait chaud (mais est-ce l’effet direct des températures ou une simple conséquence du fait que quand il fait chaud, on dort moins bien ? et que le manque de sommeil est un facteur de rechute chez ces patients).
  • On retrouve aussi plus de tentatives de suicide au début des périodes ensoleillées (les 3-4 premiers jours), ce qui est contre-intuitif ; alors qu’ensuite l’effet s’inverse (et l’ensoleillement prolongé protège alors sur la durée). C’est un peu ce qui se passe pour les antidépresseurs : un risque suicidaire augmenté lors des tout premiers jours de prescription, puis un effet protecteur ; on peut donc supposer là un possible effet biologique direct du soleil sur nos neurotransmetteurs.

Dossier passionnant, mais complexe, donc !

Mais… nous avons aussi, fort heureusement d’autres sources d’équilibre intérieur disponibles, et qui pèsent sans doute plus lourd encore que le temps : ainsi, une bonne nouvelle me rendra la pluie indifférente voire plaisante. Et un échec me fera insensible au soleil.

Allez, mieux vaut construire nous-même au mieux notre bien-être intérieur, et sa météo mentale. Quitte à savourer ensuite, librement, celle qui nous tombe du ciel. Et puis finalement, mieux vaut tout aimer. Pour la nature, il n’y a pas de « beau » et de « mauvais « temps, tous sont utiles et tous sont admirable. 

C’est ce que nous suggèrent les poètes, comme Christian Bobin : « Moi, je ne maudis jamais la pluie, cette petite sœur déshéritée du soleil. » 

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