Le fait divers, c'est l'irruption de la violence, de la mort, de la justice, du drame, à côté de chez nous, il n'y a pas ou presque pas de faits divers du bout du monde pour que le fait divers nous touche.

Il faut qu'ils nous soient proches, qu'ils concernent des voisins, des personnes à notre image ou des inconnus que l'on côtoie au quotidien. Il faut que l'on puisse se dire ça aurait pu être nous. 

Le fait divers nous inquiète, car il bouscule notre aspiration au confort et à la sécurité. Nos efforts pour nous mettre à l'abri de l'adversité. Tout ce que l'écrivain Stéphane Sweig nommait :

La certitude touchante de pouvoir barricader sa vie sans la moindre brèche pour la protéger de toute intrusion du destin. 

Mais ça ne marche pas comme ça, la vie et les faits divers nous le rappellent. De ce fait, nous pourrions les considérer comme des leçons de sagesse ou de prudence délivrées par le destin, mais non le fait divers et souvent objet de condescendance ou de mépris, surtout lorsqu'il est rapporté par les médias. Certes, il ne change pas le cours de la grande histoire, mais à coup sûr, il change le cours de l'histoire personnelle de ses victimes. Si votre maison brûle pour l'histoire, ce n'est rien pour vous. C'est un drame pour vos voisins. C'est un fait divers et ça les intéresse. Le fait divers, c'est l'actu à côté de chez soi, finalement

Pourquoi sommes nous si souvent fascinés par les faits divers? Peut être parce que ça nous soulage que la foudre soit tombée à côté de nous et non chez nous. Peut être aussi parce que le fait divers nous offre deux nourritures dont notre cerveau est friand : du narratif et du négatif. Du narratif, car il nous raconte une histoire et nous adorons qu'on nous raconte des histoires, en plus des histoires qui font peur. Du négatif, car le fait divers nous apporte des informations inquiétantes. Notre cerveau adore ça et les informations inquiétantes. Les chiens écrasés, les violences conjugales, les enfants battus, bref, les drames du quotidien. 

Enfin, non, il n'adore pas, ça, mais il est affreusement attiré par les récits sur ça. Parce que depuis toujours, c'est en prêtant attention aux dangers réels ou potentiels que notre espèce a survécu. D'où cette priorité dans nos câblages cérébraux donner à l'information négative. Elle nous attire davantage. Elle nous remue davantage. Elle s'incruste davantage à notre mémoire. Une autre source de notre attirance pour le fait divers, c'est que l'arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse. L'injustice, plus de bruit que la justice, l'écrit, plus de bruit que les sourires. La violence, plus de bruit que la bienveillance. 

N'ayons pas de mépris pour les faits divers pour ce qu'ils révèlent de notre société. Pas de mépris pour les personnes qui s'en inquiètent. Si les faits divers nous attirent et nous tourmentent parfois, c'est parce qu'ils blessent nos idéaux. Idéaux de paix, de bonne entente et de fraternité. 

Alors, essayons simplement de faire vivre ses idéaux, de parler et d'agir pour qu'ils frappent nos esprits plus fortement et joyeusement que les faits divers. 

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