Sincèrement, je préférerais plutôt ne pas vieillir… Mais, comme tous les humains, je n’ai pas le choix. Alors je me console. D’abord en me disant que finalement, vieillir reste encore le meilleur moyen qu’on ait trouvé à ce jour pour ne pas mourir. Ensuite, en lisant les études scientifiques sur le vieillissement...

Vieillir ou mourir ?
Vieillir ou mourir ? © Getty / Lilly Roadstones

Elles sont encourageantes, ces études sur le vieillissement ! Elles nous montrent qu’on n’est bien sûr pas obligé d’être heureux de vieillir, mais qu’il est possible, et même fréquent, de vieillir heureux. Ainsi, il semble que les aptitudes les plus grandes au bonheur se situent pour la plupart des occidentaux dans la fourchette 50 – 70 ans, voire au-delà. Au fond, c’est à la soixantaine – on est tout de même dans la vieillesse – que la plupart des gens se sentent les plus heureux.

Comment expliquer cela ? D’abord parce que nos sociétés nous permettent de mieux vieillir : par rapport à nos ancêtres, à 60 ans, nous sommes en bien meilleure santé, nous savons que nous toucherons une retraite nous permettant de ne pas dépendre de nos enfants, la société ne nous oblige pas à nous vêtir de noir et à vivre au ralenti. Le regard social sur la vieillesse a changé. Et notamment, pour les personnes concernées…

Plusieurs études montrent que les personnes qui ont une vision positive du vieillissement (car il permet, en général, d’avoir plus de temps pour soi et ses proches, plus de recul sur la vie, plus d’expérience…), eh bien ces personnes vieillissent mieux. 

Mais tout de même, revenons à cette histoire de pic de bonheur vers 60-70 ans : bizarre, tout de même, alors que notre corps flanche, que certains de nos proches et de nos contemporains commencent à mourir, bizarre que notre cerveau soit heureux, malgré tout ! 

Pas si bizarre en fait : justement, c’est bien parce que la fin approche, parce qu’on sait qu’il nous en reste moins devant que derrière, que pour beaucoup d’entre nous, le calcul est vite fait : le bonheur, c’est maintenant ! Avant, on avait le temps de se dire : «  je profiterai de la vie quand… quand j’aurai remboursé le crédit de la maison, quand j’aurai fini d’éduquer les enfants, quand je serai à la retraite, quand, quand, quand, etc. » 

Mais passé cinquante ans, les « je serai heureux quand » ça ne marche plus ! On a compris que si on n’est pas heureux maintenant, on ne le sera jamais. On a compris que le bonheur, c’est au présent, pas au futur, pour aujourd’hui pas pour demain. On a compris qu’il vaut mieux savourer le présent, plutôt que ressasser le passé ou s’angoisser du futur.

Et comme on est plus expérimenté, plus intelligent émotionnellement, comme on sait choisir entre les bons et les mauvais combats, on sait mieux vivre, tout simplement.

Vieillir n’est pas une chance, mais vivre oui. Alors, face au déclin du corps, gardons l’esprit en joie. Car le danger est là, aussi, dans notre esprit, comme le notait Montaigne en parlant de la vieillesse : 

Elle nous attache plus de rides en l'esprit qu'au visage… 

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