Clara Dupont-Monod a lu le dernier roman de Lyonel Trouillot

Votre livre brille comme une médaille au fond d'un étang boueux qu'est notre époque.  

Mais ce livre, c'est une voix, mais cette voix elle n'avance pas seule, elle s'enroule autour d'une autre voix, comme deux jambes qui s’emmêlent pour un pas de tango ou l'on recule, un peu méfiant avant de se rapprocher un peu confiant. 

C'est un pas de deux, un pas de je. D'ailleurs, chacune des voix dit "je". La première c'est Aude, apprenti journaliste, qui est née du bon côté de la barrière haïtienne. Famille prospère, ribambelle de cousin, robe de soir. Je cite "On pouvait faire ma somme, me dresser comme liste : une famille riche, des idées, des sentiments de riches, une petite voiture de fille de riches, cadeau d'anniversaire de mes 18 ans dont je devais changer, disait mon cousin Jeffrey parce qu'elle avait deux ans et manquait de puissance." Voilà la vie de Aude, résumée avec cette liste.

C'est à bord de cette voiture qu'elle se rend dans un quartier très pauvre de Port au Prince parce que son école de journalisme lui demande de rendre un devoir sur ce quartier. Et c'est là qu'elle va tomber sur cette fameuse deuxième voix. C'est celle d'un vieil homme, enfermé dans une grande maison. Qui parle tout seul, qui raconte à demi mot tout un pan de l'histoire d'Haïti, notamment sous la dictature et qui semble se souvenir d'une femme qu'il a aimé autrefois et qu'il hait aujourd'hui.... 

Aude fait du café, s'assied et écoute Et à partir de là se joue l'éveil d'une conscience.

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Lyonel Trouillot "Ne m'appelle pas capitaine" Editions Actes Sud 

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