Constance parle de politesse, de poils et de désespoir dans cette nouvelle chronique.

Bonjour mes petits Xanax ! 

Est-ce que tout le monde va mal ? ouiiiiiiii ! 

Vous avez remarqué, maintenant j'ai des lunettes. 

Mais je pense qu'il faut que je retourne chez l' opticien, elles n'ont pas l'air d'être bien réglés parce que le monde est toujours moche. 

Voila. Mardi 27 octobre, c'était la journée européenne de la dépression. 

Coooooooooooooooooool 

Pourquoi vous vous réjouissez, Constance ? 

Parce que c'est pour moi l'occasion de me faire de nouveaux ennemis qui, cette fois, n'auront pas la force de m'insulter. 

Et si certains trouvent tout de même cette énergie, c'est que ça n'allait pas si mal que ça, finalement. 

Alors, journée mondiale de la dépression. Poil au nichons. 

Oui, je profite de ce climat de fin du monde pour réintroduire ce fameux gag du "poil au" quelque part à la fin de la phrase. 

Tout simplement parce que cet effet tout à fait lourdingue au premier abord, met étonnamment de la légèreté, là où l'espoir s'est pendu. Poil au cul. 

Démonstration : reconfinement, poil au dent. 

Coronavirus, poil à l'anus. 

Petite place en réanimation, poil au fion. 

Fermez les théâtres, poil à la chatte. 

Bon, je pense que tout le monde a bien compris le principe. C'est un petit peu limite. Poil à la bite. 

Ah l'humour, l'humour, l'humour. Politesse du désespoir. 

Pour une fois que je suis polie. 

La dépression est un trouble mental caractérisé par des épisodes de baisse de moral, de faible estime de soi, en alternance avec des phases d'euphorie. 

Excusez moi, je pensais vous lire la définition de la dépression, mais en fait, je suis tombée sur ma fiche Wikipédia. 

Alors vous allez me dire oui, mais Constance, tout le monde autour de cette table avait déjà remarqué depuis longtemps qu'il pouvait t'arriver de traverser des épisodes à caractère dépressif. 

Ce à quoi je vous répondrai qu'il ne sert à rien de tortiller du cul pour chier droit, les amis : oui, très souvent, j'ai bien envie de crever. Poil aux pieds. 

Figurez-vous que je ne suis pas la seule. Sauf que moi, je ne suis pas dans le déni alors que la personne qui, par exemple, collectionne des boîtes de camembert vide, elle est au bout de sa vie. Mais elle ne le sait pas. 

"Lepetit au lait cru de 87, boîte collector, plus personne ne l'a. Mais moi, je l'ai.". 

Il faut que quelqu'un lui fasse un câlin. 

L'avantage d'avoir conscience que la vie, c'est comme les cheveux d'un petit poney (ça craint), c'est que ton cerveau est habitué au principe que tout est à chier et du coup, il développe une grande capacité à transformer le nul en matière magique. 

La moindre petite lumière dans l'obscurité devient soleil. 

Par exemple, si j'ai un furoncle qui me pousse quelque part, je peux me dire que c'est déboutant, douloureux et le dissimuler avec une certaine honte. Mais je peux aussi choisir de lui donner un petit prénom, par exemple Furoncle Ben si j'aime les jeux de mots. 

Pendant ce confinement, je réalise qu'il me tient un peu compagnie. Poil au pénis. 

Tu l'as compris, l'humour est ma petite bouée de survie. L'humour et la dérision sont mes petits vêtements que j'enfile sur mes déceptions et mes expériences négatives. 

En ce moment, j'aime bien imaginer mon avenir professionnel avec un kilts un peu trop petit. Je le vois jouer de la cornemuse en dansant avec une couille qui dépasse. Ça me fait rire. 

Alors je reste quand même dans la merde mais, je m'enfonce en riant. Poil au gland. 

Tout paraît tellement vain, en ce moment, j'ai l'impression qu'on est tous devenu sommelier. 

(Ah oui, c'est extraordinaire, il y a des auteurs)

Heureusement qu'il reste la poésie pour nous sauver, les amis. 

Albert Camus a dit : "Tout ce qui exalte la vie accroît en même temps son absurdité". 

Romain Gary a dit : "Le désespoir est toujours une solution". 

Et moi, l'été dernier, j'ai dit : "Les fruits de mer, ça pue quand même bien la bite". 

Merci de ne pas me juger, je fais avec ce qu'il me reste. 

Bon courage à tous. Poil à la frimousse.

  • Légende du visuel principal: Constance en studio © Radio France /
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