Pour tous les gens qui ont grandi de gré ou de forces avec la musique de l’Oncle Sam, il y a une expression à laquelle nous avons toujours été confrontés que ce soit dans le jazz, chez les hippies, dans le rap et même du côté de la techno : "American dream"

J.S Ondara
J.S Ondara © Getty

Ce concept du rêve américain, ou toutes et tous par notre travail, une détermination sans failles pouvions nous faire une place au soleil. Pour tous les gens qui ont grandi de gré ou de forces avec la musique de l’Oncle Sam. Un rêve sur mesure, ou il faut aujourd’hui être franchement endormi pour y croire. 

Et pourtant ce rêve fait encore cavaler des milliers de gens à travers le monde. Le gars dont je vous jacte a pour nom J.S Ondara

Enfant, à Nairobi au Kenya son « American Dream » passe par la radio qui braille en permanence et les disques que ramène sa sœur : du Jeff Buckley, Du Nirvana, du Pearl Jam qu’il chante en yaourt, avec l’approximation d’un charabia des étoiles. Gamin, II récupère une guitare, apprend seul en essayant de copier ce qui lui fait tourner la tête. La joie que lui procure de trouver un accord qui sonne juste lui donne la "gnaque" d’aller en chercher un autre, et petit à petit il commence à composer. 

A Nairobi où il vit, les quartiers sont délimités comme ailleurs, la mixité sociale n’est pas de mise, les frontières sont aussi celles de l’argent du savoir, vouloir devenir artiste est un cauchemar pour ses parents. Alors qu’il est au collège,  il s’embrouille avec un ami sur l’auteur originel de Knocking on heavens door, Ondora parie que c’est les Guns and Roses son pote Dylan, il perd son pognon, mais file au cybercafé du coin écouter Dylan, Neil Young, du folk américain. Il vrille un bon coup et décide de partir. 

En 2013, Ondara quitte son Kenya natal et débarque à Minneapolis, chez sa tante. Changement de décor, changement d’ambiance. C’est l’hiver Il fait un froid de canard, mais là pas de pression familiale il peut devenir artiste s’il le veut, il joue d’oreille, étudie en souplesse et tous les jours il rêve de monter sur les planches de devenir un artiste. Mais sa vie est celle d’un migrant, d’un gars sans réseau, sans connaissance du spectacle, il commence à écrire ses chansons sur cette situation, sur les lendemains ou l’inconnu tient le haut du pavé. 

Et un jour, au bout d’un an sur place, il assiste à son premier vrai concert, celui d’un folkeux de Seattle Noah Jurgensen, et là Ondara se tape la plus belle montée mystique de sa vie, sa tête marche a 100 à l’heure, c’est l’électrochoc de la clé de sol, de ce moment rare ou vous savez que votre vie va définitivement basculer. 

Son premier album Tales of América à paraître chez Verve, est celui de ce petit miracle, la chanson totem de ce disque American dream est celle d’un gars qui s’est pris de plein fouet les contradictions de ce pays d’accueil, ou la paix civile dépend du deuxième amendement de la constitution. 

Ecouter les chansons d’Ondara, c’est presque faire de la géopolitique musicale, et penser que les rêves ne pourrissent pas forcément au bord de la route. Il est ce soir en concert au Point Ephémère à Paris et il reste quelques places.

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