Cette année nous fêtons les premier pas de Vince Taylor, un rocker dont la vie est digne d’une BD. Et il y a pile poil 60 piges, en 1958 paraissait son premier 45 tours,« I love It ».

Vince Taylor avec Brigitte Bardot
Vince Taylor avec Brigitte Bardot © Getty

Quand Lucien et ses potes ont débarqué dans le magazine Métal Hurlant, les amateurs de rock avaient trouvé leurs frangins : Lucien, Gillou, Ricky, Riton, Albert, Roger et même le cousin Nanard, ressemblaient à nos potes de bistrot, au fils du voisin qui avait un groupe et qui répétait dans le garage de mémé Germaine. 

Leur groupe « Rickie Banlieue et ses riverains », vivait en même temps que nous un revival Rock'n roll qui marqua la fin des années 70. C’est-à-dire que d’Aubervilliers aux Minguettes, du port de Brest au nord de Marseille, les loulous, les teds, les rockys étaient de retour. Ils faisaient courir les punks et les babs. Et entre deux castagnes, on écoutait du rock'n roll, du rockab, ils nous arrivaient de voir de temps en temps les pionniers du genre. Mais en France nous avions une légende vivante. Vous ne le savez pas mais cette année nous fêtons les premier pas d’un rockeur dont la vie est digne d’un BD et il y a pile poil 60 piges, en 1958 paraissait le premier 45 tours de Vince Taylor, « I love It ».

Vince Taylor a été en France, l’ange noir, l’ambassadeur du vrai rock'n roll.

Au milieu des années 50, il quitte les USA pour faire carrière en Angleterre, trop de concurrence chez l’oncle Sam il espère faire son trou du côté de Buckingham palace, mais disons qu’on ne l’attend pas vraiment.

1959 : il compose un hit qui sera repris par The Clash 20 ans plus tard Brand a new Cadillac

La carrière de Vince c’est une montagne russe avec plus de chute que de grimpettes. Vince n’aura jamais le succès à pognon qu’il aurait mérité. Il était l’incarnation du rock'n roll, mi ange-mi démon. jeu de jambe à faire tomber Zeus des étoiles, couvert de cuir jusqu’au bout des doigts, un médaillon de Jeanne d’arc qui rythme ses secousses. 

Il arrive en France via Calais, concert mémorable ou les loulous du coin deviennent fous et cassent la salle. Barclay lui met la main dessus et lui fait enregistrer des titres qu’il sortira au compte-goutte torpillant ainsi sa carrière. Il joue au Palais des Sport rebelote : cassage en règle de la salle. Vince est quasiment interdit de salle, il joue dans des cabarets de Pigalle se fait tirer dessus. Dégringolade. Picole. Un peu de came. Gobe un LSD qui se coince. Il est persuadé d'être la réincarnation de l'apôtre Matthieu. 

En 1965. Il arrive sur scène bouteille d'eau à la main et se met à bénir le public. Il part à Londres, attend les soucoupes volantes et nous promet en plus des extraterrestres une invasion chinoise massive. Dans la rue, il rencontre le jeune David Bowie si vous êtes demandé un jour de qui parlait Ziggy Stardust et bien c’est de Vince qu’il s’agit. 

Il revient en France et entre deux aller-retour en Hôpital psychiatrique, des électrochocs, un dentier qui tombe en permanence et qu’il recolle avec du chewing gum sur ces gencives. Une foule de gens, d’anciens fans, vont essayer de le remettre en selle, mais Taylor est trop cramé. Un soir une ressortissante suisse lui met la main dessus et lui fait passer les Alpes. Les légendes ont la vie dure et celle de Vince, bouge encore. On raconte même que sa tombe dans le cimetière de Lutry a disparu. 

Dans les BD de Frank Margerin les anti héros sont des rois et des reines sans trône. Mais avec beaucoup d’amis. Ceux qui pensent à vous quand vous vous êtes fait la malle.   

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