À quelques jours du mondial féminin de football, je me devais de parler d’une actrice qui aurait été en relation avec ce sport, par exemple en incarnant la vedette d’un film dont le sujet aurait été le football...

Carole Laure
Carole Laure © Getty

J’ai cherché, cherché et, avec l’aide de mon ami Philippe Collin, j’ai trouvé Carole Laure. Cette actrice québécoise figure dans deux génériques qui mettent le football à l’honneur : À nous la victoire de John Huston et À mort l’arbitre de Jean-Pierre Mocky.    

Égérie de la nouvelle vague canadienne

Après Geneviève Bujold dans les années 1960, Carole Laure est la deuxième actrice québécoise à avoir foulé les plateaux du cinéma français et à s’être fait un nom, ce qui n’était pas coutume dans les années 1970. Elle a profité de la vogue du cinéma québécois marquée par Denys Arcand, Jean-Claude Lauzon et Gilles Carle, et s’est imposée comme l’égérie de cette Nouvelle Vague canadienne. 

Carole Laure naît Carole Champagne à Shawinigan, une ville située à mi-chemin de Québec et de Montréal. Elle est adoptée par un couple qui a six enfants et résume son enfance d’une phrase : « Ni pire ni meilleure qu’une autre ». Élevée dans une école religieuse très stricte, elle développe une passion pour le piano

Mais si elle songe à devenir institutrice, elle rêve de comédie. Elle tente alors sa chance à Montréal. Tout en suivant des cours de comédie, elle donne elle-même des leçons de piano pour subvenir à son indépendance. 

En 1971, ses premiers pas devant la caméra sont guidés par Jean Chabot pour son film Mon Enfance à Montréal. Carole a vingt-trois ans et le film est à peine terminé qu’elle donne la réplique à Susan Sarandon dans Fleur bleue de Larry Kent. 

Mais c’est surtout sa rencontre avec Gilles Carle qui lance sa fulgurante carrière. Il la choisit pour incarner l’héroïne de son film La Mort d’un bucheron et sa beauté ténébreuse l’érige aussitôt en sex symbol. Elle retrouve ensuite le cinéaste pour Les Corps célestes et La Tête de Normande Saint-Onge. Au total, Gilles Carle la dirige sept fois et leur collaboration devient l’une des plus fidèles de l’histoire du cinéma. 

C’est d’ailleurs sur le plateau de Gilles Carle que son destin va se sceller. Le cinéaste cherche un musicien pour la bande originale du film La Tête de Normande Saint-Onge et jette son dévolu sur Lewis Furey. Entre Carole et lui, c’est le coup de foudre. Ils deviennent plus qu’un couple, un duo fusionnel. 

Pour lui, elle devient une vraie chanteuse. En 1979, ils montent un spectacle qui sera présenté à Bobino et qui connait un véritable triomphe. S’ensuivent sept albums et une reconnaissance internationale, notamment au Japon.

Cinéma français 

Si elle est l’incarnation du renouveau du cinéma québécois, Carole Laure se compose aussi une brillante carrière en France. Elle y a une trentaine de films à son actif, dont Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier, couronné de l’Oscar du meilleur film étranger. Elle y incarne avec force et pudeur Solange, une femme amoureuse d’un enfant de treize ans. 

Elle joue également dans La Menace d’Alain Corneau, Croque la vie de Jean-Charles Tacchella, et Sauve-toi, Lola de Michel Drach dans lequel elle parvient à éviter tous les pièges de la sensiblerie avec son personnage atteint du cancer. 

En 2001, Carole Laure se lance un nouveau défi en passant derrière la caméra avec Les Fils de Marie puis CQ2 tout près du sol, deux œuvres très personnelles présentées à la Semaine de la critique du festival de Cannes. 

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