Un hasard bienheureux m’a fait découvrir cet été un documentaire palpitant sur une actrice d’Hollywood : "Hedy Lamarr - From Extase to Wifi". Ce documentaire d’Alexandra Dean sera édité en DVD avant la fin de l’année.

Hedy Lamarr (1913-2000), ici en 1945
Hedy Lamarr (1913-2000), ici en 1945 © Getty / Silver Screen Collection

Alors Hedy Lamarr ? Star immense à Hollywood dans les années 1940, rivale en beauté d’Ava Gardner, concurrente d’Ingrid Bergman pour le rôle de Casablanca qu’elle refusa pour raisons politiques...  Hedy envoûtait le public avec sa beauté hiératique et vénéneuse. 

Belle à damner tous les hommes, elle a incarné l’image de la femme fatale en collectionnant les maris (six) et les amants de façon compulsive : Howard Hughes, John Kennedy, Jean-Pierre Aumont, en y ajoutant une bisexualité revendiquée.  

Hedy Lamarr, née Hedwig Eva Maria Kiesler le 9 novembre 1914, d’un couple de Juifs convertis au catholicisme. Son père, banquier fortuné, la recommande à une relation qui possède des studios de cinéma à Vienne. Elle y rencontre Georg Jacoby, qui a fait débuter Marlène Dietrich, et qui l’engage pour deux films. Elle s’adonne ensuite au théâtre avec le grand metteur en scène Max Reinhardt qui déclare à la presse qu’elle est "la plus belle fille du monde". 

Hedy Lamarr rejoint Berlin où elle commence à s’imposer comme actrice. Elle accepte bientôt le film qui va faire d’elle un sex-symbol et provoquer un scandale sans précédent (Mussolini le fera même interdire au festival de Venise). Dans Extase de Gustav Machaty, elle mime l’orgasme en gros plan. Nous sommes en 1933. À 21 ans, elle donne ses lettres de noblesse au premier film X.  

Après un mariage encouragé par ses parents avec l’industriel Friedrich Mandl proche de Hitler et de Mussolini, elle fuit l’Europe germanique en une évasion rocambolesque digne d’un film d’espionnage. Et, c’est sur le paquebot la conduisant en Amérique que son véritable destin l’attend. Elle y rencontre Louis B. Mayer, le nabab de la MGM. Apparemment peu intéressé par Hedy Lamarr, gêné par sa performance sexuelle dans Extase, il lui propose un contrat de misère. Elle le vampe, le magnat cède et finit même par lui trouver son nom d’actrice : Hedy Lamarr. 

La voici à Hollywood et une grande carrière s’ouvre devant elle, ne tardant pas à la sacrer plus belle femme du monde. Elle tourne alors aux côtés de Clark Gable, Charles Boyer, Spencer Tracy, et sous la direction de grands réalisateurs comme Cecil B. DeMille ou Victor Fleming.  

Beauté fatale, filmographie importante, amants célèbres et relations homosexuelles, Hedy Lamarr avait tout pour figurer au Panthéon des reines du cinéma entre Greta Garbo et Marlène Dietrich, mais elle semble avoir joué de malchance. Peut-être était-elle trop sulfureuse pour l’Amérique puritaine des années 1940 ? 

Hedy Lamarr connaît de grandes périodes de prospérité, ayant gagné plus de 50 millions de dollars, et va peu à peu lâcher prise. Elle s’enlise dans la déchéance des grandes héroïnes de Sunset boulevard et se retire de la vie publique à 44 ans. Elle ne réapparaît plus que très défigurée par la chirurgie esthétique au gré de ses condamnations pour vol à l’étalage. 

Je vous conseille de lire sa biographie Ectasy and me, rééditée récemment. Ces mémoires figurent parmi les dix autobiographies les plus érotiques de tous les temps et on apprend entre deux scènes d’alcôve qu’elle avait un talent extraordinaire d’inventeur. Elle est ainsi à l’origine de la découverte du Wi-fi sécurisé et pour cette découverte elle reçut le prix de l’Electronic Frontier Foundation. 

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