Actrice injustement oubliée, son souvenir sera heureusement très présent dans les semaines à venir grâce à la parution d’un livre bouleversant : "Dites-lui que je l’aime", écrit par sa fille Clémentine Autain.

L'actrice Dominique Laffin, ici dans son appartement parisien en 1978
L'actrice Dominique Laffin, ici dans son appartement parisien en 1978 © Getty / Jean-Jacques LAPEYRONNIE

Il s'agit d'un ouvrage poignant qui raconte les souvenirs d’une petite fille face à une mère en souffrance, également actrice culte de la fin des années 1970.    

Dominique Laffin, dont le film de référence estLa Femme qui pleure de Jacques Doillon, y est décrite comme l’émouvante figure d’une jeunesse à la fois grave et enfantine.

Fille de parents divorcés, Dominique vit avec sa mère, son frère et sa sœur dans le quartier des Batignolles. Après son baccalauréat, elle tombe amoureuse d’Yvan Dautin, chanteur héritier de Prévert et de Bobby Lapointe, et le suit durant sa tournée d’été. Dominique Laffin exerce alors divers petits métiers, jeune fille au pair, fleuriste, hôtesse, et tombe enceinte d’une petite Clémentine.

Attirée par le cinéma, elle fait le porte à porte des sociétés de production et finit par décrocher un petit rôle dansLa Nuit tous les chats sont gris de Gérard Zingg en 1977. 

Dominique Laffin est alors remarquée par Claude Miller qui lui offre un premier rôle dans Dites-lui que je l’aime, aux côtés des stars montantes de l’époque : Gérard Depardieu et Miou Miou. 

Elle a 28 ans, et elle enchaîne avec le rôle principal dans Les Petits Câlins de Jean-Michel Poiré. C’est son premier film important, avec un personnage qui lui ressemble et lui offre l’affection du public. Elle poursuit alors avec des films d’auteurs, comme Tapage nocturne de Catherine Breillat et _Félicité_de Christine Pascal.    

Elle est ensuite la partenaire de Roberto Benigni dans _Pipicacadodode Marco Ferreri. Mais elle s’enlise peu à peu dans un cinéma d’auteur moins convaincant. Robert Enrico s’efforce bien de la relancer dansL’Empreinte des géants_, mais le film est un échec.

Alors que Domdirecteur de casting, je l’ai présentée à Claude Sautet pour être la petite amie d’Yves Montand dans Garçon ! 

Dominique est morte à 33 ans, emportée par une crise cardiaque. Sa mort reste un mystère : suicide ou mort naturelle ? Ce qui est sûr, c’est qu’elle était encline au désenchantement et à un certain mal de vivre.   

Dans le numéro de Cinématographe daté de juin 1985, le scénariste Jérôme Tonnerre écrit à son sujet : 

Il y a deux catégories d’acteurs : ceux qui jouent le rôle et ceux qui le vivent. Dominique Laffin appartenant de toute évidence à la seconde.

Elle affrontait la caméra sans filet.  Elle nous laisse le souvenir de son beau visage, de sa bouche cerise, de sa curieuse voix éraillée et de son sourire discrètement mélancolique. Elle repose au cimetière Montmartre, près de François Truffaut et de Jeanne Moreau.

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