Ce soir, notre vedette de l’écran est l’une des immortelles de l’âge d’or d’Hollywood, aux côtés de Gloria Swanson, Greta Garbo ou Marlène Dietrich...

Portrait de l'actrice, Joan Crawford.
Portrait de l'actrice, Joan Crawford. © Getty / Bettmann

La vie, la carrière, le personnage cinématographique de Joan Crawford sont dominés par l’ambition. Elle veut réussir sa vie à tout prix et tous les moyens sont bons pour y parvenir. Rappelons le bon mot de Bette Davis à son sujet : « Elle a couché avec toutes les vedettes masculines de la MGM, sauf le chien Lassie ». 

Née en 1904, 1905 ou 1908 selon ses humeurs, Lucille Fay LeSueur grandit dans un milieu très modeste. Très jeune, elle est marquée par le divorce de ses parents et par un accident qui l’oblige à garder le lit pendant un an. Mais Lucille rêve de devenir danseuse. 

Après des études quelques peu décousues, elle aborde la carrière qu’elle s’est choisie en se produisant dans des revues et des cabarets. En 1924, alors qu’elle est une girl parmi bien d’autres dans Innocent Eyes, elle est remarquée par un talent scout de la MGM. Elle débute à l’écran comme doublure de Norma Shearer, magnifique actrice qu’elle retrouvera quinze ans plus tard en covedette de The Women de George Cukor. 

À force de volonté et de chance, avec un soupçon d’intelligence, elle sort de l’anonymat en incarnant une jeune délurée de l’ère du jazz dans Les Nouvelles Vierges en 1928. Mais son ambition ne se contente pas de ce mince succès.     

Joan est bien décidée à entrer dans la cour des monstres sacrés d’Hollywood. Avec l’aide de son maquilleur, du photographe George Hurell et du grand couturier Adrian, elle modèle complètement son image. La caméra ne pouvait ainsi manquer de s’amouracher d’elle. Un visage carré, une bouche large et bien dessinée, des yeux immenses qui dévorent tout autour d’elle et accrochent la lumière et l’attention. Ainsi naît la nouvelle Joan Crawford.  

Son acharnement est payant puisqu’elle culmine en tête du box-office tout au long des années 1930. Se sachant peu faite pour les films en costume, elle se consacre aux mélodrames modernes où elle excelle dans les rôles de femmes fortes et indépendantes auxquels s’identifient les Américaines. 

En 1943, après soixante films et un deuxième divorce, Joan Crawford résilie son contrat avec la MGM et quitte le studio par la porte de service. Son retour, deux ans plus tard, sera fracassant. 

Sous la direction de Michael Curtis, elle tourne en 1946 Le roman de Mildred Pierce chez Warner, et impose son talent d’actrice parfois contesté. Sa prestation est couronnée par l’Oscar de la meilleure actrice et inaugure une nouvelle phase de sa carrière : une période de la maturité dans des films plus sombres.   

Deux temps forts  émergent de la dernière partie de sa carrière: Johnny Guitare, l’insolite western de Nicholas Ray où elle campe une tenancière de saloon, et Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? où elle affronte son éternelle rivale Bette Davis. 

Mariée en quatrièmes noces avec le roi du Coca-cola Alfred Steele, elle révèle une femme d’affaires redoutable à la mort de celui-ci. 

Après la disparition de Joan en 1977, sa fille adoptive Christina, déshéritée quelques années plus tôt, publie une biographie féroce intitulée Maman très chère. Ce témoignage deviendra un film en 1981 avec Faye Dunaway dans le rôle de la grande actrice.   

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