Ce soir, l'invité de Vedette de l'écran, c'est Dani, elle qui fut une égérie et jamais une idole.

Dani fut l'égérie de tous les  grands photographes au milieu des années 1960, de son grand amour Benjamin Auger au mythique Jean Marie Périer, en passant par les américains Helmut Newton et Richard Avedon. Bernard Buffet aimait son côté garçon manqué, son look ‘mod’. 

Mais elle ne fut jamais une idole, malgré quinze 45 tours et des tubes comme « La fille à la moto » écrit par Jacques Lanzmann, « Vive l’enfance » ou « Papa vient d’épouser la bonne ». 

Née un 1er octobre, elle passe sa jeunesse à Perpignan. Tout en faisant ses études, elle est vendeuse dans le magasin de chaussures familial. Son nom est Graule : ça on ne peut pas l’inventer ! Elle décide de monter à Paris pour tenter sa chance avec une envie irrésistible d’aventure et de victoire. 

Très vite, elle fréquente, avec Zouzou la twisteuse, les lieux dans le vent : le Flore, la Rhumerie et la Bande du Drugstore. Tentée par la chanson, elle enregistre en 1966 son premier 45 tours :« Garçon manqué ».

En 1974, elle doit représenter la France au concours de l’Eurovision de la chanson avec« La Vie à 25 ans ». Mais cela ne se fera pas. Pompidou meurt au début du mois d’avril et la participation de la France est retirée pour raison de deuil national.

Mais Dani a la chance de rencontrer François Truffaut à la sortie des bureaux des Films du Carrosse. Il sera son premier rendez-vous de cinéma avec La Nuit américaine, et dira d’elle : « Elle est d’une sincérité étonnante, elle joue la comédie comme un plombier, c’est pour cela que j’ai eu envie de travailler avec elle ». Puis, elle enchaîne avecL’Amour en fuite.

En 1974, poussée par Alain Delon qui est dans sa période interlope, elle prend la direction d’un club chic : « L’Aventure, » qui devient le lieu à la mode où se côtoient vedettes de cinéma, hommes politiques et bien sûr petits et grands voyous. 

Après avoir été la reine de Paris, Dani connait une suite de creux et de vagues. L’héroïne est entrée dans sa vie et fait table rase de tous ses centres d’intérêts. Sa carrière s’en ressent, elle n’apparaît que rarement sur la scène et au cinéma.

C’est le soutien indéfectible d’Etienne Daho qui la propulse de nouveau dans la lumière. Avec la reprise en duo de « Comme un boomerang », écrit en 1975 pour elle par Gainsbourg, elle renoue avec le succès. Puis, Le Paris de Dani, album consacré à son amour pour la ville, comporte de vraies pépites (comme la chanson « Paris se marie ») et retient l’attention.

Ce mercredi est sorti le très réussi _Carbone_d’Olivier Marchal. Elle y est épatante en mère possessive de deux petits truands sans foi ni loi, elle qui a connu Zemmour et Zampa du temps de l’Aventure. Il y a du Signoret dans son interprétation.

Je suis très attaché à Dani. Alors que débutant, j’étais la doublure lumière de Michel Bouquet sur Les Anneaux de Bicêtre d’après Simenon, Dani m’a pris sous son aile. Elle a alors tout fait pour que je me fasse réformer du service militaire : « Tu es trop bien parti, tu ne vas pas perdre une année à défiler sous les drapeaux, c’est pas ton genre ». Je sais qu’elle est intervenue à un haut niveau. 

Et maintenant, conclut-elle, « on me dit que je suis une icône. Je suis allée vérifier dans le dictionnaire : ‘image figée, dorée’. Ça ne me va pas trop, je préfèrerais irrésistible, je l’assumerais mieux ». 

Dani, plus qu’une icône, une merveille de femme.

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