À l’occasion d’un lexique des acteurs français dans la revue Cinéma 63, il est écrit au sujet de Danièle Gaubert : « On comprend mal comment elle n’est pas devenue très vite une très grande vedette ».

Danièle Gaubert
Danièle Gaubert © AFP / Daniel Fallot / Ina

Elle avait pourtant tout pour elle : une plastique sans défaut, et ce qui est plus rare en France, une beauté solaire et saine, un charme et une personnalité rares, des dons de comédienne indiscutables

Malheureusement, en dix ans de carrière, elle ne s’est pas vue offrir un seul rôle vraiment intéressant. Elle n’a guère à son actif que Les Régates de San Francisco, Le Pavé de Paris, Terrain Vague

Danièle Gaubert vient au monde le 9 août 1943 dans la Nièvre. Elle grandit auprès de ses deux frères, un aîné et un cadet. Elle entre à l’opéra comme petit rat et se révèle très vite une élève douée, aussi habile à la barre que gracieuse sur les pointes. 

C’est précisément à l’opéra qu’en 1959, elle est remarquée par l’épouse de Claude Autant-Lara qui la trouve ravissante. Elle la recommande aussitôt à son mari qui lui fait passer un bout d’essai pour être l’héroïne de son prochain film : Les Régates de San Francisco

Claude Autant-Lara la choisit parmi un millier de candidates et lui confie le rôle de Lidia. Elle incarne avec passion et sincérité cette jeune adolescente qui s’éveille à l’amour, convainquant jusqu’au réalisateur, pourtant réputé exigeant. 

Deux ans plus tard, il lui offre un second film : Vive Henri IV… vive l’amour !, avec Jean Sorel. La critique salue unanimement sa performance. Raoul Lévy, le producteur du film, voit alors en elle la seule concurrente possible de Brigitte Bardot, et lui fait signer un contrat pour cinq films. 

Tout de suite après, elle fait ses débuts au théâtre Marigny dans Le Vélo devant la porte, une pièce américaine avec Roger Hanin, Marcel Bozzuffi et Patrick Dewaere (âgé de 12 ans) 

On peut croire sa carrière lancée, d’autant plus que des grands metteurs en scène comme Marcel Carné et Henri Decoin l’engagent à leur tour. Mais il n’en est rien. Car si elle émoustille les réalisateurs vétérans, elle ne trouve aucun engouement auprès des jeunes trublions de la Nouvelle Vague. Quatre ans plus tard, sa carrière bat de l’aile et s’essouffle. 

En 1961, Danièle Gaubert fait la connaissance de Radhamès Léonidas Trujillo, le fils cadet du dictateur déchu de la République Dominicaine, et tyran exterminateur qui sera assassiné cette même année. Elle épouse Trujillo Junior et lui donne deux enfants. Éloignée du cinéma, elle élève avec son mari des purs sangs dans leur immense haras normand d’Autheuil. 

Trois ans plus tard, après avoir divorcé, elle retourne sur les plateaux de cinéma. Elle joue une ancienne trapéziste cambrioleuse dans La Louve solitaire d’Edouard Logereau. En 1969, elle rencontre Jean-Claude Killy à Val d’Isère, et ils se retrouvent tous les deux à l’affiche du film 28 secondes pour un hold-up, film policier désormais introuvable. Elle l’épouse et renonce définitivement à ce métier qui semble l’exclure. 

Elle succombe à un cancer foudroyant en novembre 1987. À sa mort, la romancière Irène Frain écrit : « Le plus poignant de ce curieux destin, c’est qu’il a fallu l’annonce de sa mort à 44 ans pour qu’on se souvienne brusquement qu’elle avait été une actrice promise à tous les succès ». 

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