Alors que la Cinémathèque française lui rend un hommage mérité, je ne m’avance pas trop lorsque je déclare que Stefania Sandrelli est la Catherine Deneuve italienne, en brune bien sûr...

L'actrice italienne Stefania Sandrelli dans le film "Nous nous sommes tant aimés" d'Ettore Scola (1974)
L'actrice italienne Stefania Sandrelli dans le film "Nous nous sommes tant aimés" d'Ettore Scola (1974) © Getty / Mondadori Portfolio

Comme elle, elle a débuté au sortir de l’adolescence, s’est mariée peu après avec un homme mûr et est devenue mère dans la foulée. Comme elle, elle connaît un succès foudroyant dès les prémices de sa carrière. Et comme la reine Catherine chez nous, Stefania Sandrelli est la dernière icône internationale du cinéma italien. 

Elle a travaillé avec les plus grands réalisateurs du cinéma italien, de Pietro Germi à Ettore Scola, en passant par Bernardo Bertolucci

Stefania Sandrelli est née à Viareggio le 5 juin 1946. Fille du gérant d’une pension de famille, elle est passionnée de danse et prend des cours dès l’âge de huit ans. À 15 ans, elle remporte plusieurs concours de beauté, dont celui de Miss Cinema dans sa ville natale, et pose pour quelques magazines. Cette année-là, elle entre également dans le monde du cinéma en interprétant deux petits rôles, dans Jeunesse de nuit et Mission ultra-secrète.

En 1961, dans Divorce à l’italienne, Pietro Germi met en valeur la beauté malicieuse de Stefania Sandrelli et fait d’elle le symbole des jeunes filles précoces des années 1960. Pour la jeune actrice saluée par l’ensemble de la critique, c’est un succès qui ne cessera pas de croître avec les films suivants. Elle interprète alors des personnages plus mûrs dans des films des grands maîtres italiens. Elle est l’apprentie actrice maltraitée dans Je la connaissais bien d’Antonio Pietrangeli ; Giulia, l’épouse du personnage principal du _Conformistede Bertolucci ; la jeune sorcière amoureuse de Brancaleone s’en va-t-aux croisades_ de Monicelli ; la femme d’Olmo dans 1900, de Bertolucci ; et surtout la candide et tourmentée Luciana Zanon de Nous nous sommes tant aimés  d’Ettore Scola, dont elle sera la muse pour cinq films. 

Stefania Sandrelli tourne également quelques films en France, sous la direction de Jean-Pierre Mocky, Jean Becker et Jean-Pierre Melville

En 1984, elle est l’héroïne du film _La Clef_de Tinto Brass qui défraye la chronique par son parfum de scandale. Mais ce rôle érotique et burlesque relance sa carrière devenue moins brillante.  

Actrice intelligente et subtile, elle profite de l’impact de ce film sulfureux pour accepter des scenarii plus achevés et se tourner vers un cinéma d’auteur. Elle joue alors dans Mignon est partie de Francesca Archibugi, Le Petit Diable avec Roberto Benigni, Jambon Jambon de Bigas Luna…

Plus récemment, Stefania Sandrelli est allée à la rencontre de la nouvelle génération des cinéastes italiens, tournant pour Paolo Virzi et Ricky Tognazzi. Au cours de ces dernières années, elle est également apparue dans de nombreux téléfilms, y incarnant bien souvent le personnage iconique de la Mamma italienne.  

C’est à deux reprises qu’elle a croisé son alter ego française, Catherine Deneuve, dans Pourvu que ce soit une fille de Mario Monicelli en 1985 et dans Un film parlé de Manoel de Oliveira en 2003. 

Stefania Sandrelli a beaucoup tourné en France et en français, environ une dizaine de films dont le solide Police Python 357 d’Alain Corneau, Les Magiciens de Claude Chabrol. C’est Jean-Louis Trintignant qui, avec son film Le Maître-nageur, m’a permis de la connaître et qui voulait absolument que je la fasse tourner en France. Ainsi, L’œil écarlate en 1993 marque le début de ma collaboration avec Stefania Sandrelli. J’ai eu le bonheur d’être son agent français, même si elle n’a pas tourné beaucoup de films chez nous depuis cette époque, étant très sollicitée dans son pays natal. 

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