Dany Robin fut la plus ravissante des ingénues du cinéma français du milieu des années 1940. Surnommée la petite fiancée de la France dans l’après-guerre, elle devient l’une des principales vedettes féminines des années 50, alternant emploi de jeunes premières et adorables coquettes.

Dany Robin présente un nouveau dahlia baptisé 'Beaux Jours de France', à Paris, France le 23 septembre 1965
Dany Robin présente un nouveau dahlia baptisé 'Beaux Jours de France', à Paris, France le 23 septembre 1965 © Getty / Keystone-France

Après un premier prix du Conservatoire de danse à 16 ans, Dany Robin devient ballerine de l’Opéra de Paris. Mais l’année suivante, Marc Allégret la repère et lui offre un rôle dans son film Lunegarde. Son personnage se limite à une seule et mémorable réplique qu’elle adresse à Gaby Morlay : « Les carottes sont cuites » ! Ce rôle pour le moins discret l’incite pourtant à entrer au Conservatoire d’Art dramatique pour parfaire son talent de comédienne. Une nouvelle fois, elle ressort couronnée d’un premier prix. 

En 1947, elle a tout juste 20 ans lorsque Jean Anouilh l’engage pour jouer au Théâtre de l’Atelier L’Invitation au château aux côtés de Michel Bouquet. Dany Robin incarne le premier rôle que reprendra plus tard Brigitte Bardot au début de sa carrière, dont ce sera la seule prestation au théâtre. Celle de Dany démarre en trombe et sous de bons auspices. 

Qui pourrait résister à ce visage clair, à ce sourire plein de spontanéité, à cette innocente candeur ? 

Dany Robin tourne 55 films et joue dans une quinzaine de pièces dont Le Misanthrope où elle incarne une Célimène très désirable auprès de Pierre Dux. Pour le 7ème art, elle brille dans d’aimables comédies aux côtés des plus grands noms : Maurice Chevallier, Jean Marais, François Perrier, huit films en sa compagnie, Daniel Gélin, dont le Napoléon de Sacha Guitry dans lequel elle incarne Désirée Clary. Ses partenaires Kirk Douglas et Peter Sellers lui font tous les deux une cour aussi assidue qu’inutile. 

Car depuis 1948, elle est tombée follement amoureuse de son partenaire, le plus beau jeune premier du cinéma : Georges Marchal. Le coup de foudre est réciproque, ils deviennent le couple vedette des années 50. Ensemble, ils font les couvertures des magazines people et enchaînent six films. 

En 1969, fait rarissime pour une actrice française, Dany Robin décroche un rôle dans L’Étau d’Alfred Hitchcock. Peu de temps auparavant, elle s’est remariée avec l’agent anglais Michael Sullivan qui s’occupe de Sean Connery et de Roger Moore, et peut-être cela a-t-il facilité son engagement ? Malgré cette carrière prometteuse et sitôt le film tourné, Dany Robin se retire loin du monde du spectacle pendant 25 ans. Et durant tout ce temps son mari agent ne tient pas à ce qu’elle tourne : incroyable non ?! L’Étau de Hitchcock reste sa dernière apparition au grand écran.

Grâce à Jean-Claude Brialy, bienfaiteur des vieilles actrices, Dany Robin remonte sur les planches lors du festival d’Angers avec Le Bal des voleurs d’Anouilh. Il me la présente et je la fais engager par Jean Sagols pour une série d’été : Terre indigo

Malheureusement, le destin lui refuse cette ultime joie. Au printemps 1995, Dany Robin décède avec son époux dans le terrible incendie de leur appartement.  

Alors qu’elle est aujourd’hui injustement oubliée, je me devais de réveiller les mémoires cinéphiles avec le souvenir de cette actrice mutine. 

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