C'est l’une des actrices les plus célèbres et les plus respectées de Grande-Bretagne. Connue pour son naturel spontané, son allure décontractée et ses idées progressistes, Helen Mirren mène avec élégance une carrière internationale depuis plus de 40 ans.

Helen Mirren dans "Losing Chase" (1996)
Helen Mirren dans "Losing Chase" (1996) © Getty / Michael Ochs Archives

Elle commence sa carrière au National Youth Theatre en 1965 avant de devenir deux ans plus tard sociétaire de la Royal Shakespeare Company. En 1972, elle intègre la troupe de Peter Brook, le renommé metteur en scène, et fait avec lui le tour du monde.  

Sa carrière cinématographique débute avec son apparition pulpeuse et aguicheuse tentant le plus que mûr James Mason dans Age of consent de Michael Powell en 1969. Mais c’est Du sang sur la Tamise qui la propulse véritablement sur le devant de la scène, sa performance lui valant l’ovation unanime de la critique. 

On constate déjà que Helen Mirren possède un tempérament d’actrice percutant et une beauté sensuelle singulière à la Jeanne Moreau. Elle a donc trouvé des emplois qui faisaient appel à ces deux qualités, sans forcément toujours lui faire honneur. Citons le Messie sauvage de Ken Russell ou Caligula, le film kitsch de Tinto Bras. 

Heureusement, John Boorman fit d’elle l’inoubliable fée Morgane dans Excalibur en 1981. Elle éclate aussi en veuve irlandaise éprise d’un jeune homme dans Cal de Pat O’Connor, rôle qui lui vaudra le prix d’interprétation à Cannes en 1984. 

Depuis, elle a trouvé sa consécration de grande comédienne dans des rôles de femme mûre qu’elle interprète avec un mélange d’autorité et de vulnérabilité. On citera la femme de chambre au troublant secret dans Gosford Park, la dame patronnesse convainquant ses amies de poser nues dans Calendar girls, sans oublier la Reine Charlotte de La Folie du roi George qui lui permet de recevoir un second prix d’interprétation à Cannes en 1995. Depuis, sa carrière oscille entre films indépendants et grosses productions américaines. 

Elle a été à l’initiative d’une série ambitieuse, Prime suspect, où elle joue une femme flic paumée sur six saisons. Mais sa création la plus stupéfiante reste celle de la Reine Elizabeth dans The Queen de Stephen Frears, pour lequel elle obtient l’Oscar de la meilleure actrice en 2007. 

Stephen Frears a dit d’elle : « Dès ma première rencontre avec Helen Mirren, j’ai senti qu’elle avait l’étoffe d’une souveraine. Elle est un peu effrayante et il émane d’elle une autorité naturelle, mais elle a aussi ce que j’imagine être les qualités nécessaires pour être monarque : l’intelligence, la vivacité d’esprit, la présence ». 

Pour l’ensemble de sa carrière, elle a été honorée ‘Dame de l’Empire’ en 2003. C’est bien mérité et justifié, car lorsqu’elle fixe de son regard hautain le cerf des landes écossaises dans The Queen, c’est toute la majesté de l’Empire britannique qui nous contemple. 

Depuis une semaine, elle est très attachante aux côtés de Donald Sutherland dans L’Échappée belle de Paolo Virzi. 

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.