Le mois d’octobre sera celui de Jane Fonda ou ne sera pas. Elle est à la fois l’invitée d’honneur du Festival Lumière à Lyon et le sujet d’une rétrospective à la Cinémathèque française...

L'actrice américaine Jane Fonda
L'actrice américaine Jane Fonda © AFP

Actrice, productrice, sex-symbol, passionaria, militante anti-Vietnam et anti-nucléaire : on aurait presque l’impression que, comme les chats, Jane Fonda a eu sept vies.     

Jane Fonda est née à New York. Fille de l’acteur Henry Fonda, elle grandit dans l’ombre du mythe. Plus tard, elle forme avec lui et son frère Peter, comédien et futur réalisateur, le clan Fonda, une dynastie comme l’Amérique sait les idéaliser. 

Alors qu’elle n’a que 12 ans, elle est profondément marquée par le suicide de sa mère. « Avant ce moment, confiera-t-elle, j’étais une enfant joyeuse et brave, je suis devenue étrangère à moi-même comme si je n’étais plus rien ».   

Orpheline de mère, Jane désire par-dessus tout nouer un vrai lien avec son père. Elle sent qu’elle n’y parviendra qu’en exerçant le même métier que lui et s’inscrit aux cours de Lee Strasberg à l’Actor studio. 

En 1960, elle fait ses premiers pas au cinéma avec La Tête à l’envers de Joshua Logan. Malgré des critiques mitigées, elle obtient le Golden Globe de la révélation féminine.  

Elle est alors dirigée par des cinéastes de premier plan comme George Cukor et George Roy Hill. Puis, bluffée par Jean Seberg dans À bout de souffle, elle saisit comme une chance de tourner en France dans Les Félins de René Clément, aux côtés du séduisant Delon. 

Éclatante, fraîche et sensuelle, Jane conquiert la presse française et le cœur du réalisateur Roger Vadim. Sous sa direction,  elle incarne l’héroïne de Barbarella, une bande dessinée de science-fiction devenue un film pop en 1968. Ce personnage libre et audacieux fait d’elle un sex-symbol. 

Revenue aux États-Unis et nourrie des leçons de mai 68, Jane Fonda rejoint activement les militants des droits civiques. Elle participe à de nombreux combats politiques, défendant la communauté afro-américaine et dénonçant la guerre au Vietnam, engagement qui lui vaut le surnom de Jane Hanoï. Elle devient l’égérie de toutes les causes de l’Amérique politisée. 

Au cinéma, sa maturité d’actrice s’épanouit avec On achève bien les chevaux de Sydney Pollack, violente charge sociale contre les ravages de la Grande Dépression américaine. 

En 1972, Jane Fonda décroche son premier Oscar pour son rôle dans Klute, film féministe d’Alan Pakula. Puis, dans son élan militant contre la guerre du Vietnam, elle produit Le Retour de Hal Ashby, pour lequel elle remporte son second Oscar de la meilleure actrice. 

Après des années d’éloignement, c’est le cinéma qui réconcilie Jane Fonda avec son père Henry. En 1981, ils jouent père et fille dans La Maison du lac de Mark Rydell. C’est le dernier rôle de l’immense Henry Fonda et le premier pour lequel il remporte un Oscar, quelques mois avant sa mort.  

Dans les années 90, Jane Fonda s’invente une nouvelle vie. Entre cours d’aérobic dont elle devient le symbole et mariage avec le milliardaire Ted Turner, elle quitte les pages faits divers et cinéma pour la rubrique people. On est loin des Black Panthers... 

Récemment, on l’a vue dans Book club de Bill Holderman, aux côtés de Diane Keaton et de Candice Bergen. Chacune de ces grandes actrices y affronte l’âge et les tabous avec plus ou moins de chance… 

Ce que j’aime chez Jane Fonda, c’est sa liberté de ton absolue. Il y a quelques années, elle déclarait à Paris Match en toute sincérité : « À 74 ans, j’aime faire l’amour souvent et je n’ai jamais été aussi épanouie » !

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