Jusqu’au 22 juin, la Cinémathèque française rend hommage à John Cassavetes et donc, indirectement, à sa muse Gena Rowlands. Elle fut son épouse mais aussi l’interprète de sept de ses films dont Faces, Une femme sous influence, Gloria et Love Streams...

Portrait de l'actrice Gena Rowlands en 1960
Portrait de l'actrice Gena Rowlands en 1960 © Getty / Bettmann

Gena Rowlands

À travers l’œuvre de ce cinéaste libre et indépendant (John Cassavetes) elle est devenue l’incarnation d’une certaine idée du cinéma, l’expression du souffle et de l’intelligence face à un cinéma américain formaté.  

Fille d’un sénateur du Wisconsin, Gena Rowlands se passionne très tôt pour le théâtre. Elle abandonne ses études pour s’inscrire à des cours de comédie à l’American Academy of dramatics de New York. C’est là qu’elle fait la connaissance de son mari, le futur acteur et réalisateur John Cassavetes.  

Gena débute sur les planches à Broadway et connait quelques succès, notamment dans Middle of the night aux côtés d’Edward Robinson. À partir de 1954, elle tourne uniquement pour la télévision où elle apparaît dans de nombreux feuilletons populaires comme Top secret ou encore Bonanza

Ce n’est qu’en 1958 qu’elle fait ses premiers pas au cinéma avec un succès des plus discrets. D’une certaine manière, Hollywood ne lui a jamais fait les honneurs qu’elle aurait mérité, malgré sa belle prestation dans Seuls sont les indomptés avec Kirk Douglas en 1962. Sa carrière est alors inégale et intermittente.  

Heureusement, son époux, le dramaturge John Cassavetes, entreprend de la sortir des conventions dès 1963 avec son film Un enfant attend. 

C’est lui qui offrira à Gena Rowlands ses meilleurs rôles.  

Elle est ainsi particulièrement émouvante dans Une femme sous influence où les affres d’une vie conjugale empoisonnée par les activités professionnelles de son mari la conduisent au bord de la folie. 

En 1977, Opening night lui vaut le Prix d’interprétation au festival de Berlin. Puis avec Gloria, Cassavetes lui permet une nouvelle fois de prouver qu’elle est une comédienne capable des rôles les plus complexes. Dans cet étonnant thriller aux images superbes, elle déborde d’énergie et de vitalité face aux tueurs de la mafia. 

Gena Rowlands compose à nouveau une prestation déchirante dans Love streams en 1984, aux côtés d’un Cassavetes à la fois machiavélique et émouvant. Ensemble, ils forment un couple mythique et l’une des collaborations les plus fructueuses de l’histoire du cinéma. Peu d’actrices ont eu le cadeau de tels rôles et ont su s’en montrer dignes.   

Quelques temps avant la mort de Cassavetes, d’autres réalisateurs prestigieux ont enfin semblé découvrir son immense talent et lui ont offert des rôles passionnants. Elle est alors dirigée par Terence Davies, Woody Allen, Jim Jarmusch.  

Le cinéma devient ensuite pour elle une histoire de famille car elle tourne successivement avec son fils Nick et sa fille Zoe. 

Comme hier, Bette Davis l’était pour Gena Rowlands, la comédienne est aujourd’hui un modèle pour les jeunes actrices.

L’œuvre de John Cassavetes est désormais mise à l’honneur dans un coffret de cinq films majeurs. Il nous permet de redécouvrir la filmographie de ce cinéaste incontournable et le talent de sa superbe égérie. 

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