Ce jeudi 14 février, jour de la Saint Valentin, Charlotte Rampling a reçu un Ours d’or honorifique au festival de Berlin pour l’ensemble de sa carrière...

L'actrice Charlotte Rampling lors de la 69ème édition de la Berlinale, pendant laquelle elle a reçu un ours d'or d'honneur.
L'actrice Charlotte Rampling lors de la 69ème édition de la Berlinale, pendant laquelle elle a reçu un ours d'or d'honneur. © Getty / Stephane Cardinale - Corbis

Notre vedette de l’écran de ce soir avait déjà remporté l’Ours d’argent à Berlin pour sa prestation dans 45 ans d’Andrew Haigh. C’est pour ce même rôle qu’elle a également décroché sa première nomination à l’Oscar de la meilleure actrice en 2015. 

Fille d’un colonel de l’armée britannique, Charlotte a neuf ans lorsque son père est affecté à Fontainebleau dans les forces de l’OTAN. Avec sa sœur Sarah, elle fréquente l’école communale et apprend le français. 

Trois ans plus tard, revenues en Angleterre, Charlotte et sa sœur montent un spectacle de chansons qui les conduit à travers toute l’Angleterre. À 17 ans, elle ensuite part pour l’Espagne avec un groupe de jeunes musiciens canadiens. 

Une brève expérience de Cover Girl précède son premier rôle au cinéma dans Le Knack de Richard Lester en 1964. C’est l’époque du Swinging London et Charlotte y débute aux côtés de novices aussi sexy que Jacqueline Bisset et Jane Birkin. Puis c’est avec Rotten to the Core de John Boulting qu’elle se fait véritablement un nom. 

Mais sa carrière cinématographique devenue internationale est brutalement interrompue par le décès de sa sœur Sarah. Pour surmonter son chagrin, Charlotte s’éloigne des écrans pendant un an et s’exile en Asie pour méditer.     

À son retour, elle s’installe en Italie et fait sa première rencontre marquante : celle de Luchino Visconti. Le grand cinéaste la dirige dans Les Damnés en 1969 et joue les Pygmalion : « Je vais vous apprendre ce que c’est qu’être comédienne parce que vous en êtes une mais vous ne le réalisez absolument pas. Je vais vous habiller, vous maquiller. Tout ce que vous avez à me donner, c’est ce qu’il y a derrière vos yeux ».  

Ah ! ces superbes yeux verts qui confèrent à son regard une expression énigmatique… Ils l’ont prédisposée à incarner des héroïnes troubles voire perverses. 

D’une beauté presque magique dans l’extraordinaire et mythique Zardoz de John Boorman, elle est également prodigieuse dans Portier de nuit de Liliana Cavani. Dans ce film au succès mondial, Charlotte exprime avec une délicatesse paradoxale l’étrange passion amoureuse qui unit son personnage de petite Juive à l’officier nazi qui l’avait assouvie dans un camp de concentration. 

À travers ses rôles, Charlotte Rampling se plaît à explorer les zones les plus troubles de l’âme humaine : « Je choisissais mes rôles pour voir jusqu’où j’étais capable d’aller ». Comme dans Max mon amour d’Oshima, où elle s’éprend d’un chimpanzé…

Les Américains ne sont pas insensibles à son audace et à son charme énigmatique. Elle est ainsi dirigée par Woody Allen et Sydney Lumet.  

Vivant en France à la fin des années 70, elle tourne Un taxi mauve d’Yves Boisset, On ne meurt que deux fois de Jacques Deray. 

Moins présente sur les écrans dans les années 90, elle rencontre alors des soucis de dépression qu’elle ne cache pas au public : « C’était important pour moi de dire que quand on est dans cet état-là, on est dans une telle situation d’exil que parler aux autres vous aide ». 

Les années 2000 marquent le retour au cinéma de Charlotte Rampling. Sous le sable de François Ozon lui offre ainsi un comeback éclatant. Et c’est au moment même où un César d’honneur vient récompenser l’ensemble de sa carrière en 2001 qu’elle redevient une actrice de premier plan, et pas seulement en France. 

Charlotte Rampling rayonne désormais dans toute l’Europe et enchaîne film sur film dans toutes les langues et dans tous les registres. Toujours, elle garde ce mystère inaltérable qui fait d’elle une icône exaltante et non conformiste du cinéma. 

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