Ce soir dans Vedettes de l’écran, on laisse de côté nos actrices vintage dont j’ai plaisir à vous faire découvrir les destins extraordinaires.

Hiam Abbass
Hiam Abbass © AFP / Yohan Bonnet

Aujourd’hui, je brosse le portrait d’une des plus grandes actrices de la galaxie du cinéma. Hiam Abbas a voyagé dans les salles du monde entier, et son visage s’est imprimé sur les écrans de Los Angeles à Beyrouth, de Nazareth à Berlin, de Londres à Tunis, de Paris à Haïfa. 

Cette actrice polyglotte joue indifféremment en arabe, en hébreu, en anglais ou, bien sûr, en français. Palestinienne (d’identité), israélienne (de papiers) et française d’adoption. 

Hiam Abbas a grandi dans un village au Nord de la Galilée en Israël. Elle est la cinquième d’une famille de dix enfants. Ses parents professeurs appartiennent à la société rurale palestinienne, mais placent les études et la lecture au-dessus de tout. 

Hiam Abbas monte sur les planches dès l’âge de 7 ans, puis s’oriente rapidement vers la photographie qu’elle étudie à Haïfa. Elle choisit finalement la comédie et rejoint la troupe palestinienne de Al Hakawati. En 1987, elle fait sa première apparition au cinéma dans Noce en Galilée de Michel Khleifi. 

Après un détour par Londres, Hiam Abbas s’installe en France à la fin des années 80. Elle travaille au théâtre avec Ariane Mnouchkine, et tourne en même temps pour la télévision et le grand écran. En 2002, Hiam Abbas accède à la notoriété grâce à son rôle dans _Satin rouge_de Raja Amari. Incarnant une mère de famille qui s’adonne à la danse du ventre, elle illumine ce film dédié à l’émancipation d’une femme tunisienne. 

L’actrice est alors très sollicitée dans le cinéma français, ayant tourné avec Patrice Chéreau, Jean Becker et Radu Mihaileanu. Hiam Abbas travaille également avec les plus fameux cinéastes du Proche Orient : Yousry Nasrallah, Amos Gitaï, Eran Riklis dont le film _L__es Citronniers_est récompensé du prix du public au Festival de Berlin. Cette actrice sans frontières croise enfin la route des plus grands noms anglo-saxons : Steven Spielberg, Ridley Scott, Jim Jarmusch, Julian Schnabel, Denis Villeneuve. 

Comédienne au visage de madone, Hiam Abbas n’en est pas moins douée pour la mise en scène. Elle est l’auteur de deux courts métrages et d’un long métrage. Son film,_Héritage,_s’attache ainsi au récit d’un mariage éphémère en pleine guerre entre Israël et le Liban. 

Cet été, elle a bouleversé le Festival du film francophone d’Angoulême avec Une famille syrienne de Philippe Van Leeuw. Pour son interprétation poignante, elle y a obtenu le prix de la Meilleure actrice, à l’unanimité du jury présidé par John Malkovich. 

Car quelle actrice que Hiam Abbas ! Passionnée, sensible, baroque, engagée. Une nature singulière qui évoque Anna Magnani ou Maria Casarès, et dont chacune des prestations ne laisse pas de nous étonner.  

Mercredi 21 février sort en salles le nouveau film de Raja Amari, Corps étranger, que j’ai coproduit avec la Tunisie. Hiam Abbas y campe une bourgeoise tout juste veuve qui accueille une clandestine comme aide-ménagère. La jeune femme va bientôt s’imposer avec courage et détermination en semant le trouble dans le foyer. Comme toujours, Hiam Abbas rayonne d’intelligence, de justesse et de sensualité. 

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