Ce soir, notre vedette de l’écran a inspiré ces mots à l’historien Noël Simsolo : "Un châssis arrogant comme une carrosserie de Cadillac, une frimousse à pousser les prêtres intégristes à se défroquer et surtout ce sens de l’humour qui lui valut les valeureuses initiatives de Boris Vian"...

Magali Noël
Magali Noël © Getty / Hulton Archives

La sexy Magali Noël maîtrise l’art des équivoques...

C’est à Izmir en Turquie que Magali Noëlle Guiffray voit le jour le 27 juin 1931. À l’âge de sept ans, elle rentre en France avec ses parents. Quelques années plus tard, Magali débute dans des revues, puis s’oriente vers le théâtre classique. Sur les planches, elle reçoit un succès considérable en 1954 dans L’Amour des quatre colonels de Peter Ustinov, aux côtés d’un débutant nommé Jean Rochefort.  

Dès 1950, Magali Noël se voit confier des petits rôles au cinéma. Elle joue la lumineuse fiancée de Bourvil dans Seul dans Paris : « J’avais l’air d’une petite paysanne normande pas fufute ». 

Mais du jour au lendemain, elle se retrouve dans la peau d’une séductrice aux lèvres humides, cintrée dans des robes moulantes et le visage maquillé à la Viviane Romance. Magali Noël débute ainsi sa carrière avec un contre-emploi sur toute la ligne. À l’instar de Jeanne Moreau ou de Françoise Fabian, elle n’échappe pas à ces archétypes de séductrices fatales et à ces rôles de vamps capricieuses.     

Avec ses immenses yeux bleu azur, sa bouche pulpeuse et son corps insolent, elle ne passe pas inaperçu dans le polar mythique de Jules Dassin Du rififi chez les hommes. Elle déploie également toute sa sensualité dans Razzia sur la chnouf de Henri Decoin, adaptation de la Série noir avec Jean Gabin et Lino Ventura.   

"J’ai vraiment senti que ma vie professionnelle prenait un tournant lorsque Fellini m’a engagé pour la Dolce Vita". Elle commence par refuser le rôle qui, sur le papier, ne compte que deux lignes. Mais quelques jours après, dit-elle, "J’ai rencontré Fellini par hasard Via Veneto. Il a insisté, il m’a parlé de mon visage de chat, m’a demandé de lui faire confiance et ce fut l’un des grands succès de ma carrière."  

Pour Fellini, Magali incarne l’idéal féminin. C’est alors le début d’une liaison cinématographique avec le grand cinéaste. Sous sa direction, elle interprète une énorme matrone romaine dans le Satyricon et une petite coiffeuse au manteau rouge dans Amarcord.  

En 1969, Magali Noël décroche un rôle important dans Z de Cost-Gavras, Palme d’or à Cannes. Puis, avec les années 70, une nouvelle génération de cinéastes l’entraîne dans des registres différents, plus sensibles et authentiques : Chantal Akerman, Claude Goretta, Tonie Marshall, ou encore Zulawski pour qui elle joue la mère de Sophie Marceau dans La Fidélité

Mais Magali Noël sait aussi donner de la voix. En 1956, sa carrière de chanteuse est marquée par la célèbre et scandaleuse chanson « Fais-moi mal, Johnny », premier tube rock n' roll, écrite par Boris Vian et composée par Alain Goraguer. 

Magali a aussi été la vedette de nombreuses comédies musicales comme Sweet Charity, où elle reprend le rôle de Shirley MacLaine, et bien sûr Cabaret mis en scène par Jérôme Savary.   

Magali Noël reste la seule actrice française à pouvoir s’enorgueillir d’une très belle carrière en Italie avec plus de vingt films dont trois tournés avec Fellini. Statufiée à jamais par l’auteur de la Dolce vita, Magali Noël est décédée le 23 juin 2015 des suites d’une longue maladie.  

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