Ce soir, la vedette de l’écran fut une femme impétueuse !

Françoise Dorléac
Françoise Dorléac © Getty / Sunset Boulevard

Impétueuse et héroïne d’un livre qui vient de sortir, Elle s’appelait Françoise… un recueil d’entretiens et de photos, conçu par Anne Andreu, un vibrant hommage à Françoise Dorléac. 

Françoise Dorléac est morte il y a cinquante ans, le 26 juin 1967 à l’âge de 25 ans, brûlée vive au volant de sa voiture en allant à l’aéroport de Nice. Trois mois seulement après la sortie des Demoiselles de Rochefort où elle partage l’affiche avec sa petite sœur Catherine Deneuve. 

Ce film incarnant le bonheur à l’écran a connu un formidable succès qui ne se dément pas de décennie en décennie. Qui n’a jamais chanté : « Nous sommes deux sœurs jumelles nées sous le signe des Gémeaux » ? 

Mais d'où vient Françoise Dorléac? 

Elle est née un 21 mars, le premier jour du printemps (comme elle aimait le dire), au sein d’une famille d’acteurs. 

Son père Maurice Dorléac, avant d’être un responsable de doublage au studio Paramount, a été l’un des créateurs sur scène du Diable et du Bon Dieu de Jean-Paul Sartre avec Louis Jouvet, et de La Chatte sur un toit brûlant de Tennessee Williams avec Jeanne Moreau. Sa maman, Renée, était une pensionnaire de l’Odéon, avant de devenir la voix française de nombreuses actrices anglo-saxonnes. 

C'est une enfant de la balle qui, à la différence de sa sœur Catherine, montre plus et plus vite son envie d’être comédienne, et de reprendre le flambeau familial.  

À 9 ans, elle est engagée par Louis Jouvet pour jouer La Puissance et la Gloire, mais la mort subite de Jouvet lors des répétitions met fin à ce projet. Renvoyée du lycée pour indiscipline, elle s’inscrit au cours Raymond-Girard, là-même où Belmondo a fait ses classes d’apprenti comédien.

Très vite elle est admise au Conservatoire dans la classe de Robert Manuel, qui prépare une reprise de Gigi, une pièce de Colette par le théâtre Antoine. Elle s’impose par son talent et son zèle, et débute à 18 ans dans le rôle-titre. En parallèle, elle fait ses premiers pas au cinéma dans Les Loups dans la bergerie d’Hervé Bromberger. 

Une pièce, un film, le succès, le destin est en marche .... Françoise Dorléac ressemble à toutes les actrices de la comédie américaine.

Timide, exubérante, avec des taches de rousseur et de longs cheveux lissés qui dissimulent les angles de son visage. Ses immenses yeux de chat, maquillés à la Cléopâtre, démentissent par leur velours l’électricité abrupte de ses gestes. Son insolente présence mêle la grâce et la fantaisie, et s’exprime par une voix au timbre presque rauque, au débit trop accéléré. 

Sa carrière fut bien trop brève. Quinze films seulement. Sa filmographie s’est close après quinze films, quand la talentueuse actrice s’est éteinte. Belle au bois dormant, comme dirait mon ami cinéphile Benoit Gautier, elle ne cesse de briller dans nos mémoires. Reflet aigre doux dans Cul de sac de Roman Polanski, et La Peau douce, la seule œuvre lyrique de François Truffaut. Éblouissante clarté dans L’Homme de Rio de Philippe de Broca, et surtout dans Les Demoiselles de Rochefort, l’opus coloré et musical de Jacques Demy et de Michel Legrand, avec en prime la présence magique et la voix cristalline de Danielle Darrieux. Elle y joue l’inoubliable Solange, « la clef de sol et la voix des anges », dont l’idéalisme teinté d’exaltation s’accorde tout à fait à sa personnalité. 

Enfin, ce dernier mot très émouvant de sa petite sœur Catherine : « Françoise est vraiment partie comme une promesse. Une promesse à qui l’on n’a pas laissé le temps d’éclore ». 

Et moi, j’ajouterai : « immortelle », immortelle parce qu’irremplaçable !

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