Anny Duperey, c’est un peu l’artiste touche à tout qui brille dans toutes les disciplines. Théâtre, cinéma, littérature, comédie, mannequinat, photographie, sans oublier la couture où elle excelle...

Anny Duperey, actrice, comédienne et romancière française, lors du Festival de Télévision Monte-Carlo (15 juin 2018)
Anny Duperey, actrice, comédienne et romancière française, lors du Festival de Télévision Monte-Carlo (15 juin 2018) © AFP / Valery Hache

Cette femme idéale, comme disait d’elle le cinéaste Yves Robert, est l’une des figures féminines les plus emblématiques du cinéma français des années 1970-1980.   

Née à Rouen le 28 juin 1947, son enfance est très tôt marquée par un drame. À l’âge de huit ans, Anny perd ses parents dans un tragique accident. Elle est alors élevée par sa grand-mère paternelle et par sa fidèle tante. D’une force invincible et d’un naturel optimiste, elle se passionne très vite pour la danse. Elle s’inscrit pourtant aux Beaux-Arts de Rouen pour étudier la peinture avant d’atterrir finalement au Conservatoire d’Art dramatique de Rouen. 

À l’âge de 17 ans, elle suit le cours Simon avant d’entrer au Conservatoire National où elle est reçue à l’unanimité. Très vite, elle est remarquée par Jean Meyer qui l’engage pour Les Trois Mariages de Mélanie au Théâtre Michel. En 1965, elle joue aux côtés d’Elvire Popesco dans La Mamma au Théâtre Marigny. 

Anny Duperey fait ses débuts au cinéma avec Godard, dans Deux ou trois choses que je sais d’elle, dont elle garde un mauvais souvenir : « Un tournage de quelques jours mais où j’ai eu l’impression de tomber chez les fous». Elle fait ensuite ses classes dans ses séries B banales comme Jerk à Istanbul, L’Homme qui valait des milliards. C’est Pierre Richard qui lui offre son premier succès avec Les Malheurs d’Alfred, qui érige d’emblée Anny en actrice de comédie. 

Bien sûr, elle crève l’écran dans Un éléphant ça trompe énormément d’Yves Robert, grâce à sa célèbre scène monroesque où sa robe rouge se soulève sur une bouche d’aération. 

En 1974, sa rencontre avec Alain Resnais pour Stavisky est l’une des plus importantes de sa filmographie. Après le tournage, il lui dit cette chose magnifique : « Vous ! Anny et Charles Boyer, vous étiez l’odeur du film ». 

Au théâtre, elle fait la rencontre déterminante de Jean-Louis Barrault en 1970 qui la dirige dans un spectacle sur Alfred Jarry

La reconnaissance de ses pairs survient l’année suivante avec son interprétation ironique et fataliste d'Hélène dans La guerre de Troie n’aura pas lieu mise en scène par Jean Mercure au Théâtre de la Ville.  

Dès lors, Anny Duperey est une comédienne de théâtre comblée. Elle enchaîne les expériences passionnantes et se forge une réelle place de tête d’affiche. Du Mari idéal d’Oscar Wilde en passant par Le Secret de Bernstein, sans oublier en 2013 La Folle de Chaillot de Giraudoux, elle touche à tous les genres et même à la comédie musicale

C’est en effet sur le musical Attention fragile qu’elle rencontre Bernard Giraudeau en 1978. Il devient son mari et le père de ses enfants : Sara et Gaël, tous deux excellents comédiens. 

Parallèlement au cinéma et au théâtre, Anny travaille énormément pour la télévision. Tellement qu’elle est entrée en compagnie de Bernard Le Coq dans le Livre des records de longévité et d’audience avec la série Une famille formidable

À sa large palette de talents s’ajoute celui d’un écrivain rare et profond. Anny Duperey a signé de nombreux livres dont son merveilleux roman L’Admiroir et son autobiographie Le Voile noir, qui relate ses souvenirs d’enfance. 

Actuellement au théâtre Édouard VII, Anny Duperey joue dans une pièce qu’elle a écrite elle-même : Les Chats de hasard est une déclaration d’amour aux félins de sa vie. Comme toujours, elle incarne son texte avec un mélange de délectation et d’humour

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