Vamp de l’écran, elle est la superbe partenaire de Jean Gabin dans "Pépé le Moko" et "Gueule d’amour". Sa beauté magnifiée par le maquillage hollywoodien et son élégance parisienne en font la star la plus prisée des salles obscures.

L'actrice française Mireille Balin
L'actrice française Mireille Balin © AFP / Archives du 7eme Art / Photo12

Mireille Balin est née le 20 juillet 1909 à Monaco. Son père, journaliste à la Tribune de Genève, tient à lui offrir la meilleure éducation : pensionnat, cours de piano et d’équitation. Devenue une jeune fille accomplie, Mireille Balin rejoint sa famille à Paris. Elle postule pour un travail de dactylo chez le couturier très en vogue Jean Patou, qui l’embauche finalement comme mannequin de haute couture.

Lors d’un défilé, elle est remarquée par le grand cinéaste allemand Georg Wilhelm Pabst qui vient de faire avec Louise Brooks Loulou etLe Journal d’une fille perdue. C’est en 1932, dans le Don Quichotte de Pabst, que Mireille Balin apparaît pour la première fois à l’écran, dans le rôle modeste de la jeune nièce du héros. 

L’actrice inexpérimentée tourne alors une série de films honorables grâce auxquels elle apprend son métier : _Le Sexe faibleavec Pierre Brasseur, Si j’étais le patron avec Fernand Gravey, Marie des Angoisses_ avec Pierre Dux. C’est en 1937 que sa carrière va véritablement exploser. 

Julien Duvivier lui offre le rôle principal féminin de son film Pépé le Moko. Elle forme alors avec Jean Gabin un couple de cinéma mythique qui fascine le public : fatal, beau, magnétique. À la sortie du film, Mireille Balin connait un triomphe et se voit promue Vamp de l’écran du jour au lendemain, un emploi qui est à l’époque plutôt réservé aux actrices américaines.  

Elle retrouve Gabin dans Gueule d’amour de Jean Grémillon, et entretient une liaison avec lui. Dans ce mélodrame, Mireille personnifie la femme fatale, sublime et vénéneuse. Il reste sans conteste son meilleur rôle, celui qui la fait définitivement entrer dans l’histoire du cinéma. 

Car si ses films suivants rencontrent eux aussi un grand succès commercial, ils ne marquent pas la cinéphilie. Elle tourne ainsi Naples au baiser de feu avec Tino Rossi, l’idole de la chanson qui devient son compagnon. Avec lui, elle embarque pour Hollywood après avoir signé un contrat avec la MGM. Mais arrivée sur place, elle ne fait aucun film, et revient en France très affectée par ces mois d’attente inutile. 

À son retour, Mireille Balin retrouve aussitôt son statut de reine de Paris. En 1942, elle tourne Dernier Atout, premier film d’un jeune metteur en scène du nom de Jacques Becker. 

Séparée de Tino Rossi, l’actrice s’éprend de Birl Desbok, un jeune officier de la Wehrmacht. À la Libération, ils tentent de fuir ensemble en Italie, mais sont arrêtés par les FFI sur la Côte d’Azur. Le jeune homme est abattu sommairement, Mireille Balin est violée et battue. Elle est ensuite jugée pour collaboration horizontale, puis libérée après quelques mois de détention. Sa carrière est irrémédiablement brisée. 

Après une vaine tentative de retour au cinéma, elle tombe dans l’anonymat, l’alcoolisme et la misère. Mireille Balin meurt à 59 ans, oubliée de tous. L’association "La roue tourne", organisme d’aide aux artistes nécessiteux qui existe toujours, lui évite l’inhumation dans la fosse commune. 

Parmi ses amours, elle eut une relation tumultueuse avec Young Perez, le plus jeune champion de boxe tunisien qui mourut en déportation. Quels terribles destins que ceux de ces deux gloires des années 1930… 

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